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Eugénie Messier-Lamarche Eugénie Messier-Lamarche

Poussée pendant l’accouchement : positions, respiration et protection du périnée selon les données probantes

Respiration bloquée ou fluide? Poussée spontanée ou dirigée? Sacrum libre ou fixé? Découvrez ce que les données probantes nous apprennent sur la poussée et les différentes options pour protéger le périnée.

La poussée est probablement l’une des étapes de l’accouchement qu’on imagine le plus facilement avant de la vivre : une grande inspiration, on bloque sa respiration, on pousse aussi fort que possible pendant qu’une personne compte jusqu’à dix.

Pourtant, il n’existe pas qu’une seule façon de pousser.

Respiration libre ou bloquée? Poussée spontanée ou dirigée? Sur le dos, sur le côté, à quatre pattes? Faut-il laisser le sacrum libre? Une compresse chaude peut-elle réellement réduire le risque de déchirure? Et que sait-on du massage ou des étirements du périnée pendant l’accouchement?

Les réponses sont plus nuancées qu’un simple « oui » ou « non ».

Dans cet article, je vous propose de comprendre ce que nous disent actuellement les données probantes sur la poussée et, surtout, comment ces informations peuvent vous aider à préparer plusieurs options plutôt qu’une seule façon « parfaite » d’accoucher.

À retenir rapidement : les données actuelles ne permettent pas d’identifier une technique de poussée unique qui conviendrait à toutes les personnes. La liberté de position, la possibilité de suivre l’envie de pousser lorsque la situation le permet et certaines mesures de protection périnéale, notamment les compresses chaudes, font partie des options soutenues par les recommandations et la littérature. Organisation mondiale de la santé

Qu’est-ce que la phase de poussée?

La poussée se déroule pendant le deuxième stade du travail, après l’ouverture complète du col de l’utérus. Mais être à dilatation complète et être en train de pousser activement ne représentent pas nécessairement exactement le même moment.

Les contractions utérines continuent de faire progresser le bébé. La personne qui accouche peut ensuite participer à cette progression par ses efforts expulsifs.

La durée de cette étape varie énormément d’un accouchement à l’autre. La parité, la position du bébé, l’analgésie péridurale, sa station dans le bassin et plusieurs autres facteurs peuvent influencer sa durée. Les recommandations contemporaines insistent donc sur une évaluation individualisée plutôt que sur l’idée qu’un chronomètre détermine à lui seul si la poussée « fonctionne ». ACOG

Est-ce qu'une poussée plus rapide est nécessairement meilleure?

Non, pas nécessairement.

Réduire de quelques minutes la durée de la poussée n’est pas, à lui seul, un objectif suffisant pour conclure qu’une technique est supérieure. On s’intéresse également au mode de naissance, à l’état du bébé, aux interventions nécessaires, au périnée, au confort et à l’expérience de la personne qui accouche.

C’est une distinction importante lorsque l’on compare les différentes techniques de poussée.

Une poussée plus courte n'est toutefois pas nécessairement synonyme d'une meilleure poussée. Certaines stratégies peuvent réduire légèrement la durée du deuxième stade sans pour autant améliorer clairement les issues périnéales ou néonatales. À l'inverse, un deuxième stade très prolongé a été associé, dans des études observationnelles, à une augmentation du risque de déchirures périnéales sévères. La durée n'est donc qu'un élément parmi plusieurs à considérer. ACOG

L'objectif n'est pas de faire naître le bébé le plus rapidement possible, ni de ralentir systématiquement la naissance, mais de permettre une progression adaptée à la situation clinique tout en tenant compte du bien-être du bébé, de la progression de la naissance et de la protection du périnée. L'OMS recommande d'ailleurs de soutenir la personne qui accouche dans son envie de pousser et reconnaît différentes stratégies de protection périnéale pendant le deuxième stade.

Poussée spontanée ou poussée dirigée : quelle différence?

La poussée spontanée

Lors d’une poussée spontanée, la personne suit davantage son envie de pousser et les sensations de son corps. Le nombre de poussées par contraction, leur durée et la respiration peuvent donc varier.

La poussée dirigée

Lors d’une poussée dirigée, l’équipe donne davantage d’indications sur le moment et la manière de pousser. Par exemple, on peut demander de prendre une inspiration, de pousser pendant plusieurs secondes, de reprendre de l’air et de recommencer.

Mais « spontanée ou dirigée » et « respiration libre ou bloquée » ne sont pas exactement la même question. Une personne qui pousse spontanément peut parfois retenir naturellement sa respiration, et une poussée dirigée peut être réalisée avec une expiration. Les études elles-mêmes n’utilisent d’ailleurs pas toujours exactement les mêmes protocoles. PubMed

Que disent les données probantes?

Une revue Cochrane ayant regroupé huit études et 884 participantes n’a pas montré de différence claire entre poussée spontanée et dirigée pour plusieurs résultats importants, notamment la naissance vaginale spontanée, les lésions périnéales et plusieurs résultats néonataux. La qualité des données variait toutefois de modérée à très faible selon les résultats. Cochrane

L’OMS recommande de soutenir la personne dans le suivi de sa propre envie de pousser pendant la phase expulsive. Organisation mondiale de la santé

Faut-il bloquer sa respiration pour pousser?

On parle souvent de deux grandes stratégies respiratoires.

Poussée à glotte fermée

La personne inspire, retient sa respiration et augmente la pression dans l’abdomen pendant l’effort. C’est ce qu’on associe souvent à une poussée de type Valsalva.

Poussée à glotte ouverte

La personne pousse tout en laissant sortir l’air, par exemple sur une expiration prolongée.

Sur le plan biomécanique, ces stratégies ne produisent pas exactement la même gestion des pressions. Mais cela ne signifie pas automatiquement que l’une donne de meilleurs résultats obstétricaux que l’autre.

L’étude française EOLE a comparé une poussée dirigée à glotte ouverte à une poussée dirigée à glotte fermée chez 250 participantes, dont plus de 95 % avaient une péridurale. La phase expulsive était plus longue avec la glotte ouverte, mais aucune différence claire n'a été observée pour l'efficacité globale de la poussée ou le risque de naissance instrumentale. Les auteurs concluaient que, lorsqu’une poussée dirigée est nécessaire, les deux stratégies peuvent faire partie des possibilités proposées. PubMed

Des travaux antérieurs n’établissent pas non plus de supériorité suffisamment solide pour imposer systématiquement une technique respiratoire à toutes les personnes. PubMed

La respiration pendant la poussée peut donc être considérée comme un outil adaptable plutôt qu’une règle rigide.

En pratique

Dans ma pratique en physiothérapie, je préfère donc faire expérimenter plus d’une stratégie plutôt que d’enseigner une seule technique à reproduire absolument le jour de l’accouchement.

Par exemple, nous pouvons essayer de pousser pendant une expiration, puis de pousser en retenant la respiration. Je demande surtout à mes patientes d’observer ce qui se passe dans leur corps avec chacune de ces stratégies. Est-ce que l’une leur permet de diriger plus facilement l’effort vers le bas? Est-ce qu’elles ressentent davantage de tension ailleurs dans le corps? Est-ce qu’une stratégie leur permet de mieux coordonner l’effort de poussée avec le relâchement du plancher pelvien?

Pendant la grossesse, l’objectif de cet entraînement est donc surtout d’explorer différentes façons de pousser et d’identifier celles qui permettent de coordonner le plus naturellement la respiration, l’effort expulsif et le relâchement du plancher pelvien. Le jour de l’accouchement, la stratégie pourra ensuite être adaptée aux sensations, au contexte et aux indications de l’équipe qui accompagne la naissance.

Quelle position choisir pour pousser?

Il n’existe pas non plus une position universelle.

On peut pousser :

  • debout ou semi-debout

  • accroupie

  • à genoux

  • à quatre pattes

  • couché·e sur le côté

  • semi-assise

  • différentes positions soutenues.

L’OMS recommande que les personnes avec ou sans péridurale puissent adopter la position de leur choix, y compris des positions verticales lorsque celles-ci sont possibles et confortables. Organisation mondiale de la santé

Mais un concept mérite une attention particulière lorsqu’on parle du bassin : la liberté du sacrum.

Sacrum libre ou sacrum fixé : pourquoi cela pourrait-il avoir de l’importance?

Le sacrum forme la partie postérieure du bassin.

Dans certaines positions, son mouvement est relativement libre. C’est notamment le cas à quatre pattes, à genoux, sur le côté ou dans certaines variantes accroupies.

Dans d’autres, le poids du corps et la surface sur laquelle la personne repose peuvent davantage limiter son déplacement.

Pourquoi parle-t-on autant du sacrum?

Parce que le bassin n’est pas une structure complètement rigide.

Les mouvements relatifs du sacrum, du coccyx et des articulations du bassin participent aux modifications des dimensions pelviennes pendant l’accouchement.

Une revue systématique et méta-analyse de 16 études randomisées regroupant 3 397 participantes a trouvé plusieurs résultats favorables aux positions permettant davantage de liberté sacrée, notamment concernant certaines interventions obstétricales, la douleur et certains traumatismes périnéaux. Les auteurs soulignaient cependant que plusieurs résultats devaient être interprétés avec prudence et que des études de meilleure qualité étaient nécessaires. PubMed

Le concept biomécanique est donc intéressant et les données sont encourageantes, mais cela ne justifie pas de présenter une position à sacrum libre comme une garantie d'accouchement plus facile ou simplement les seules options possible.

Exemple de ma pratique

Lorsque je prépare une personne à l’accouchement, je ne cherche généralement pas à lui trouver la position idéale.

Nous explorons plutôt différentes familles de positions.

Si une position sur le dos est confortable, on peut par exemple modifier l’appui, changer l’orientation des jambes ou alterner avec une position latérale. À un autre moment, une position à quatre pattes peut être intéressante.

Le mouvement entre les positions peut être aussi pertinent que le choix d’une position précise.

Et si j’ai une péridurale?

Une péridurale ne signifie pas automatiquement qu’il faut accoucher complètement sur le dos.

Les possibilités dépendent évidemment de la mobilité, de la force des jambes, du niveau de bloc moteur, de la surveillance nécessaire et des politiques du lieu de naissance.

Chez les personnes avec péridurale, les données comparant positions verticales et couchées ne montrent pas une supériorité simple et universelle d’une catégorie. Une ancienne revue Cochrane concluait notamment que les données étaient insuffisantes pour identifier clairement une meilleure position et soutenait le choix de la position selon les préférences. Bibliothèque Cochrane

C’est une bonne raison de discuter avant l’accouchement des positions accessibles dans votre lieu de naissance.

Vous aimeriez préparer vos options avant le jour J?

Le Journal de préparation à l’accouchement de Noralie Clarinette vous permet de réfléchir à vos préférences, vos outils et vos questions avant l’accouchement, pour vous préparer plusieurs éventualités et favoriser un accouchement qui répond à vos attentes.

Découvrir le Journal de préparation à l’accouchement.

Quand devrait-on commencer à pousser?

C’est une question particulièrement importante lorsqu’une péridurale diminue ou modifie l’envie de pousser.

On entend parfois parler du laboring down, qui consiste à attendre après la dilatation complète afin de permettre au bébé de descendre davantage avant de commencer les efforts actifs.

Les données ont évolué sur cette question.

La revue Cochrane observait que retarder les efforts chez les personnes avec péridurale diminuait le temps passé à pousser activement, mais augmentait la durée totale du deuxième stade d’environ 56 minutes; certaines conclusions demeuraient incertaines. Cochrane

Des données ultérieures ont amené l’ACOG à recommander en 2024 de commencer la poussée lorsque la dilatation complète est atteinte. Dans un grand essai chez des personnes nullipares avec analgésie neuraxiale, c’est-à-dire chez les femmes qui n’ont jamais accouché et qui ont un épidurale ou une rachidienne, attendre n’améliorait pas le taux de naissance vaginale spontanée et prolongeait le deuxième stade; certains résultats défavorables étaient également plus fréquents dans le groupe ayant retardé la poussée. ACOG

Il existe cependant des différences entre les recommandations internationales : les recommandations de l’OMS publiées en 2018 permettaient, dans certains contextes disposant des ressources nécessaires, de retarder la poussée chez les personnes avec péridurale. Organisation mondiale de la santé

C’est donc un bon exemple d’un sujet où les recommandations ont évolué et ne sont pas parfaitement uniformes.

Peut-on protéger le périnée pendant la poussée?

Oui, certaines interventions ont été étudiées. Mais, évidemment, aucune ne peut garantir l’absence de déchirure.

Parmi les options, l’une ressort particulièrement bien : la chaleur appliquée sur le périnée.

Les compresses chaudes pendant la poussée

Une compresse chaude peut être appliquée contre le périnée lorsque la tête du bébé distend progressivement les tissus.

Les données utilisées par l’OMS indiquent que les compresses chaudes ne semblent pas augmenter clairement la probabilité d'avoir un périnée complètement intact, mais qu'elles réduisent les déchirures sévères du troisième ou quatrième degré. Dans les études considérées, l’estimation correspondait à environ 24 déchirures sévères de moins pour 1 000 accouchements, bien que l’effet réel puisse varier. IRIS

C’est suffisamment pertinent pour que l’OMS recommande les compresses chaudes parmi les techniques pouvant être proposées pendant le deuxième stade selon les préférences de la personne. Organisation mondiale de la santé

Le RCOG les inclut également parmi les mesures pouvant contribuer à réduire la gravité des déchirures. Collège royal des obstétriciens et gynécologues

Une question toute simple à poser avant l’accouchement

« Est-ce que vous utilisez des compresses chaudes sur le périnée pendant la poussée? »

C’est exactement le type de question qu’il peut être utile d’avoir réfléchi avant d’être en plein travail.

Si vous souhaitez poursuivre cette réflexion, le guide gratuit 10 questions pour faire des choix éclairés peut vous accompagner dans votre préparation à l’accouchement.
Consulter le guide ici.

Faut-il soutenir le périnée avec les mains?

Vous entendrez parfois les expressions hands-on et hands-off.

Dans une approche hands-on, la personne qui assiste l’accouchement utilise ses mains pour soutenir le périnée et/ou contrôler la sortie de la tête.

Dans une approche hands-off ou hands-poised, les mains n’exercent pas systématiquement cette intervention, tout en restant disponibles au besoin.

L’OMS inclut la protection manuelle du périnée parmi les techniques qui peuvent être proposées pour réduire les traumatismes périnéaux, en tenant compte des préférences de la personne. Organisation mondiale de la santé Le RCOG inclut également la protection périnéale manuelle et un dégagement lent et contrôlé de la tête dans ses informations de prévention des déchirures sévères. Collège royal des obstétriciens et gynécologues

L’objectif d’un soutien manuel est d’accompagner le dégagement et les tissus lorsque cela est indiqué.

Et le massage ou l’étirement du périnée pendant l’accouchement?

Il faut ici distinguer deux interventions.

Le massage périnéal pendant la grossesse

Il est réalisé dans les dernières semaines de grossesse, avant le début du travail. J’en parle plus en détail dans mon article consacré au massage périnéal avant l’accouchement.

Pour en savoir davantage, consultez notre article sur le massage périnéal.

Le massage périnéal pendant le deuxième stade

Il est réalisé par un ou une professionnel(le) pendant l’accouchement, généralement avec les doigts et un lubrifiant.

Les résultats sont intéressants, mais toujours pas catégorique.

Une méta-analyse de 2023 a conclu que le massage périnéal pendant le deuxième stade semblait diminuer les épisiotomies, sans démontrer clairement une diminution de l’incidence ou de la gravité globale des déchirures. PubMed D’autres synthèses ont obtenu des résultats plus favorables sur certains traumatismes périnéaux, ce qui montre l’hétérogénéité de cette littérature. PubMed

Une revue parapluie publiée en 2026 rapporte également des résultats globalement favorables au massage intrapartum pour l’épisiotomie et certaines lésions sévères, mais les résultats doivent toujours être interprétés selon la qualité des revues et les différences de protocoles. PubMed

On peut donc considérer le massage périnéal pendant la poussée comme une option intéressante, plutôt que comme une intervention indispensable.

Et surtout : une intervention sur le périnée devrait être expliquée et réalisée avec le consentement de la personne qui accouche.

Faut-il ralentir la sortie de la tête pour éviter une déchirure?

Le dégagement progressif et contrôlé de la tête fait partie de plusieurs stratégies de protection périnéale. Le RCOG recommande notamment de travailler avec l’équipe pour favoriser une naissance lente et contrôlée au moment du couronnement. Collège royal des obstétriciens et gynécologues

Cela ne veut pas dire qu’il existe une vitesse précise à respecter ou qu’une personne devrait volontairement prolonger sa poussée pendant une durée déterminée. La priorité reste, encore une fois, l’évaluation clinique de la personne qui accouche et du bébé.

Est-ce qu'une poussée très courte augmente le risque de déchirure?

On entend parfois qu’un bébé qui naît « trop vite » laisse moins de temps au périnée pour s’adapter.

Cette hypothèse est physiologiquement plausible, mais il n’existe pas un seuil simple, par exemple 20 minutes, sous lequel on pourrait affirmer qu’une poussée devient dangereusement rapide pour le périnée.

À l’autre extrême, une poussée qui se prolonge nécessite également une évaluation individualisée. L’ACOG définit actuellement un deuxième stade prolongé par plus de trois heures de poussée chez une personne nullipare et plus de deux heures chez une personne multipare, tout en recommandant de tenir compte de la progression, de la situation clinique et des préférences avant de conclure à un arrêt du deuxième stade. ACOG

Autrement dit : la durée de la poussée est une information clinique parmi plusieurs.

Ce que je pratique avec mes patientes avant l’accouchement

En préparation à l’accouchement, mon objectif n’est pas de vous apprendre une chorégraphie parfaite de la poussée.

Je préfère que vous arriviez avec une boîte à outils.

Nous pouvons par exemple explorer plusieurs positions et observer comment elles modifient les sensations dans le bassin; essayer une poussée avec expiration puis une poussée avec une courte apnée; pratiquer le relâchement entre les efforts; comprendre comment changer de position lorsque quelque chose ne semble plus confortable; et réfléchir aux interventions périnéales dont vous aimeriez discuter avec votre équipe.

Je trouve particulièrement important de pratiquer l’adaptabilité.

Parce qu’une technique qui semble naturelle pendant une préparation à 36 semaines peut ne pas être celle qui vous convient lorsque vous êtes réellement en travail.

Et c’est parfaitement correct.

Que mettre dans ses préférences de naissance concernant la poussée?

Vous n’avez pas besoin d’écrire un protocole rigide.

Vous pourriez plutôt réfléchir à quelques préférences :

  • pouvoir changer de position lorsque la situation clinique le permet;

  • essayer différentes positions, notamment celles qui libèrent davantage le sacrum;

  • suivre votre envie spontanée de pousser lorsque cela est possible;

  • pouvoir modifier votre respiration plutôt que maintenir systématiquement une longue apnée;

  • discuter de l’utilisation de compresses chaudes;

  • connaître l’approche de votre équipe concernant la protection manuelle et le massage du périnée;

  • recevoir des explications avant les interventions lorsque la situation le permet.

Ce sont des préférences à discuter avec votre équipe, et non des exigences qui doivent être maintenues si la situation obstétricale change.

Le Journal de préparation à l’accouchement est l’outil parfait pour consigner vos réflexions et préférences.

Et la personne accompagnante dans tout ça?

Son rôle peut être beaucoup plus important qu’on l’imagine.

Elle peut aider à soutenir certaines positions, rappeler une option préparée auparavant, aider à changer de position, favoriser un environnement calme ou simplement vous permettre de rester concentrée sur vos sensations pendant que quelqu’un d’autre communique avec l’équipe.

Pendant une poussée, ce n’est pas nécessairement le moment idéal pour se rappeler tout ce qu’on avait lu trois mois auparavant.

C’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime que la personne accompagnante connaisse elle aussi les options préparées avant l’accouchement.

Pour préparer ensemble ces façons de soutenir la poussée avant le jour de l’accouchement, le Guide de la personne accompagnante propose des repères et des exercices concrets à explorer à deux.
Explorer le Guide de la personne accompagnante ici.

Alors, quelle est la meilleure façon de pousser?

Les données actuelles ne nous donnent pas une recette universelle. Elles nous donnent quelque chose de probablement plus utile : des options.

Une poussée spontanée peut convenir à certaines personnes. Une poussée plus dirigée peut devenir utile dans certaines situations. Une respiration fluide peut être confortable à un moment et une courte apnée efficace à un autre. Une position à quatre pattes peut être parfaite pendant quelques contractions, puis devenir inconfortable.

Les compresses chaudes disposent de données intéressantes pour la prévention des déchirures périnéales sévères. Le massage et la protection manuelle du périnée peuvent également faire partie des options. La liberté de mouvement et de position demeure pertinente lorsque la situation clinique le permet. IRIS

Se préparer à pousser ne signifie donc pas apprendre la bonne façon de faire.

Cela signifie comprendre suffisamment les possibilités pour pouvoir s’adapter, communiquer ses préférences et participer aux décisions lorsque vient le moment.

Vous voulez aller plus loin dans votre préparation?

Le Guide de préparation à l’accouchement de Noralie Clarinette rassemble les notions essentielles pour comprendre le travail, le bassin, les positions, la gestion des sensations et les différentes options qui peuvent se présenter pendant l’accouchement.

Il rassemble et vulgarise les données probantes derrière les différentes décisions qui peuvent se présenter pendant l’accouchement, avec une attention particulière aux aspects biomécaniques et musculosquelettiques. L’objectif est de vous aider à comprendre vos options, à vous guider pour faire des choix éclairés et à les transformer en préparation concrète, tout en gardant la flexibilité nécessaire le jour de l’accouchement.

Découvrez le Guide de préparation à l’accouchement ici.

Questions fréquentes

Est-il préférable de pousser en soufflant?

Les données ne montrent pas qu’une poussée à glotte ouverte soit systématiquement supérieure à une poussée à glotte fermée. Les deux peuvent être utilisées selon les sensations, les préférences et la situation clinique. PubMed

Est-il préférable de pousser spontanément?

L’OMS recommande de soutenir l’envie spontanée de pousser pendant la phase expulsive. Les essais comparant poussée spontanée et dirigée ne montrent cependant pas une supériorité nette de l’une pour tous les résultats obstétricaux. Organisation mondiale de la santé

Quelle position est la meilleure pour pousser?

Aucune position n’est universellement supérieure. Les recommandations soutiennent le choix de la position selon les préférences et la situation clinique. Les positions permettant davantage de liberté du sacrum présentent certains résultats encourageants, mais les données ne permettent pas de promettre de meilleurs résultats dans chaque accouchement. Organisation mondiale de la santé

Peut-on pousser autrement que sur le dos avec une péridurale?

Souvent oui. Les possibilités dépendent toutefois du degré de mobilité, de la surveillance et des conditions obstétricales. Des positions latérales, semi-assises ou soutenues peuvent notamment être envisageables. Bibliothèque Cochrane

Les compresses chaudes préviennent-elles les déchirures?

Elles ne garantissent pas un périnée intact, mais les données montrent une diminution des déchirures du troisième et quatrième degré, soit les déchirures les plus importantes. IRIS

Le massage du périnée peut-il être réalisé pendant l’accouchement?

Oui. Certaines données suggèrent des bénéfices, notamment sur l’épisiotomie, mais les résultats concernant les différents degrés de déchirure ne sont pas parfaitement uniformes. PubMed

Références principales

American College of Obstetricians and Gynecologists. First and Second Stage Labor Management. Clinical Practice Guideline No. 8, 2024. ACOG

World Health Organization. WHO recommendations: intrapartum care for a positive childbirth experience. Organisation mondiale de la Santé

Lemos A, Amorim MMR, Dornelas de Andrade A, de Souza AI, Cabral Filho JE, Correia JB. Pushing/bearing down methods for the second stage of labour. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2017;3:CD009124. Cochrane

Barasinski C, Debost-Legrand A, Vendittelli F. Is directed open-glottis pushing more effective than directed closed-glottis pushing during the second stage of labor? The EOLE study. Midwifery. 2020. PubMed

Huang J, et al. Effects of flexible sacrum positions during the second stage of labour on maternal and neonatal outcomes: a systematic review and meta-analysis. Journal of Clinical Nursing. PubMed

Marcos-Rodríguez A, et al. Efficacy of perineal massage during the second stage of labor for the prevention of perineal injury: a systematic review and meta-analysis. International Journal of Gynecology & Obstetrics. 2023. PubMed

Royal College of Obstetricians and Gynaecologists. Reducing your risk of perineal tears. Royal College of Obstetricians and Gynaecologists

Simic M, Cnattingius S, Petersson G, Sandström A, Stephansson O. Duration of second stage of labor and instrumental delivery as risk factors for severe perineal lacerations: population-based study. BMC Pregnancy and Childbirth. 2017;17:72. doi:10.1186/s12884-017-1251-6. PubMed PubMed

American College of Obstetricians and Gynecologists. Approaches to Limit Intervention During Labor and Birth. ACOG Committee Opinion No. 766. Obstetrics & Gynecology. 2019;133(2):e164–e173. doi:10.1097/AOG.0000000000003074. ACOG

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Eugénie Messier-Lamarche Eugénie Messier-Lamarche

Gestion de la douleur pendant l’accouchement : quelles options non pharmacologiques sont réellement efficaces ?

Découvrez les principales options non pharmacologiques pour mieux gérer la douleur pendant le travail : chaleur, eau, massage, TENS, points de pression, respiration, visualisation et plus encore. Un article clair qui explique comment ces outils peuvent agir, ce que disent les données probantes et comment les intégrer à votre préparation à l’accouchement.

Les contractions deviennent plus intenses et vous vous demandez quoi faire pour mieux gérer la douleur : chaleur, bain, massage, TENS, points de pression, respiration, peigne, visualisation… Les possibilités sont nombreuses, mais elles ne reposent pas toutes sur le même niveau de données scientifiques.

Les méthodes non pharmacologiques de gestion de la douleur pendant l’accouchement peuvent agir de plusieurs façons. Certaines fournissent une autre information sensorielle au système nerveux, comme la chaleur, le massage, la contre-pression ou le TENS. D’autres agissent davantage sur l’attention, la relaxation, le sentiment de sécurité ou la capacité à composer avec les sensations, comme la respiration, la visualisation ou l’environnement.

Elles ne remplacent pas nécessairement les options pharmacologiques. Elles peuvent être utilisées seules, combinées entre elles ou associées à une analgésie pharmacologique.

Et surtout, une stratégie n’a pas besoin de faire disparaître la douleur pour être utile.

Dans mes rencontres de préparation à l’accouchement, c’est d’ailleurs une distinction que tiens à expliquer à mes patientes. Une personne peut toujours ressentir une contraction très intense tout en se sentant davantage capable de la traverser. Diminuer la douleur, diminuer la détresse liée à la douleur et augmenter le sentiment de contrôle ne sont pas tous la même chose.

Pourquoi peut-on influencer la douleur même si les contractions continuent ?

La contraction utérine, la dilatation du col, les pressions exercées dans le bassin et l’étirement des tissus produisent des informations sensorielles réelles. Mais l’expérience finale de la douleur résulte du traitement de ces informations par le système nerveux et peut être influencée par de nombreux éléments : les autres sensations présentes, l’attention, la fatigue, le stress, le sentiment de sécurité et le contexte.

C’est ce qui explique qu’une stratégie puisse modifier l’expérience d’une contraction sans modifier la contraction elle-même.

La théorie du portillon est parfois utilisée pour expliquer ce phénomène : une stimulation tactile, thermique ou électrique peut influencer la transmission des informations douloureuses. Aujourd’hui, nous savons que la modulation de la douleur est beaucoup plus complexe et implique des mécanismes périphériques, médullaires et cérébraux., c’est-à-dire des mécanismes qui interviennent à différents niveaux du système nerveux. Le principe reste néanmoins utile pour comprendre pourquoi ajouter une autre information sensorielle peut modifier la perception de la douleur.

Dans ma pratique, je l’explique souvent très simplement : lorsque la contraction est la seule sensation extrêmement intense présente, elle occupe énormément d’espace dans notre esprit. Si l’on ajoute une pression importante au sacrum, de la chaleur, une stimulation électrique ou une autre sensation contrôlée, le système nerveux reçoit maintenant plusieurs informations à traiter.

Cela ne veut pas dire que la contraction disparaît. L’expérience peut simplement changer.

Quelles méthodes sont les mieux soutenues par les données scientifiques ?

Il faut être prudent avec l’expression « ça fonctionne ». Une étude peut mesurer l’intensité de la douleur, une autre le recours à la péridurale, une autre la satisfaction ou le sentiment de contrôle. Les interventions et les populations varient également beaucoup.

Voici donc un aperçu volontairement nuancé.

Option Confiance dans les données Ce que les recherches suggèrent
Massage Modérée pour la douleur au premier stade Peut diminuer la douleur et améliorer le sentiment de contrôle
Chaleur Faible à modérée Effet favorable probable sur la douleur
Eau, bain ou douche Modérée Peut favoriser le confort et réduire la douleur
Contre-pression Données limitées comme intervention isolée Souvent intégrée au massage et au soutien physique
TENS Faible Peut diminuer la douleur chez certaines personnes
Acupression Faible à modérée selon le point et l’étude Effet possible, particulièrement étudié pour LI4 et SP6
Respiration et relaxation Faible à très faible selon les résultats Peuvent aider à gérer les sensations et favoriser la relaxation
Visualisation, méditation et hypnose Faible à modérée Résultats encourageants mais hétérogènes
Musique et environnement Faible à modérée Peuvent agir sur l’anxiété, l’attention et l’expérience de la douleur
Peigne Données directes insuffisantes Mécanisme sensoriel plausible, efficacité spécifique non établie
Soutien continu Relativement solide pour plusieurs résultats Améliore plusieurs aspects du travail et de l’expérience de naissance

L’OMS recommande notamment les techniques manuelles comme le massage et les compresses chaudes pour les personnes qui souhaitent un soulagement non pharmacologique. Les recommandations NICE soutiennent également la respiration, le massage, la douche ou le bain et le travail dans l’eau selon les préférences de la personne.

1. Est-ce que la chaleur aide à soulager les contractions ?

Oui, la chaleur peut diminuer la douleur du travail chez certaines personnes, et les données disponibles sont globalement favorables.

Une bouillotte, un coussin chauffant ou une compresse chaude peut notamment être appliqué dans la région lombaire ou sacrée selon l’endroit où les sensations sont les plus inconfortables.

Comment la chaleur peut-elle diminuer la douleur ?

La chaleur apporte une stimulation thermique importante au système nerveux et peut modifier le traitement des informations douloureuses. Elle peut également contribuer au relâchement musculaire et procurer une sensation de confort.

Une méta-analyse portant sur les interventions thermiques pendant le travail a retrouvé une diminution de l’intensité de la douleur au premier stade. L’OMS recommande également l’application de chaleur parmi les techniques manuelles pouvant être proposées selon les préférences de la personne. (PubMed)

Confiance dans les données : faible à modérée, mais effet globalement favorable.

Ce que j’explique en préparation à l’accouchement

Je conseille rarement de décider à l’avance que « la chaleur sera ma méthode ». Je préfère qu’elle fasse partie des options disponibles.

Certaines personnes veulent une chaleur diffuse dans le bas du dos. D’autres découvrent pendant le travail qu’elles préfèrent une pression beaucoup plus forte ou qu’elles ne veulent plus du tout être touchées.

L’objectif est d’avoir suffisamment d’options pour pouvoir changer.

2. Bain ou douche pendant le travail : est-ce vraiment efficace ?

La douche et l’immersion dans l’eau font partie des options non pharmacologiques les plus intéressantes pour la gestion de la douleur.

L’eau combine plusieurs éléments : chaleur, stimulation sensorielle sur une grande surface corporelle, sensation d’enveloppement et, en immersion, diminution relative de la charge du corps.

Cela peut également faciliter les changements de position.

Une revue systématique et méta-analyse portant sur l’immersion pendant le travail rapporte plusieurs résultats favorables concernant les interventions utilisées pendant le travail et certains résultats maternels. NICE recommande actuellement d’offrir aux personnes qui le souhaitent la possibilité de travailler dans l’eau pour soulager la douleur. (PubMed)

Confiance dans les données : modérée et globalement favorable.

L’accès à un bain ou à une piscine dépend évidemment du lieu de naissance, de la situation obstétricale et de la surveillance nécessaire. L’équipe médicale ou sage-femme pourra préciser ce qui est possible dans votre situation.

3. Quel massage peut aider pendant les contractions ?

Il n’existe pas un massage universel qui convient à toutes les personnes.

Le massage peut être lent et léger entre les contractions, plus ferme pendant celles-ci ou devenir une véritable contre-pression lorsqu’une douleur importante est ressentie dans le bas du dos.

Pourquoi le massage pourrait-il fonctionner ?

Le toucher et la pression fournissent des informations sensorielles supplémentaires au système nerveux. Un massage agréable peut également favoriser le relâchement, diminuer l’anxiété ou augmenter le sentiment d’être soutenu.

Les données sont plutôt encourageantes. L’analyse utilisée par l’OMS retrouvait des données de certitude modérée suggérant une réduction de la douleur au premier stade du travail chez les personnes recevant un massage. Le sentiment de contrôle pourrait également être amélioré, bien que les données pour plusieurs autres résultats soient moins certaines.

Confiance dans les données : modérée pour la douleur au premier stade; plus faible pour plusieurs autres résultats.

Dans ma pratique : « plus fort » peut parfois être plus confortable

C’est quelque chose qui surprend parfois les personnes accompagnantes : pendant une contraction, un toucher délicat n’est pas toujours ce qui est recherché.

Pour certaines personnes, une main légère devient même irritante lorsque les contractions s’intensifient. Une pression beaucoup plus ferme et stable sur le sacrum peut au contraire être appréciée.

Je recommande donc à la personne accompagnante de demander et d’ajuster, plutôt que de présumer que plus doux signifie nécessairement plus confortable.

4. Comment faire une contre-pression pendant une contraction ?

La contre-pression consiste à appliquer une pression soutenue sur une région où la personne ressent qu’elle apporte du soulagement.

Pour les sensations lombaires ou sacrées, la personne accompagnante peut utiliser la paume de la main, le talon de la main, un poing ou parfois une balle pour exercer une pression ferme sur le sacrum.

Une autre possibilité est la compression du bassin, souvent appelée hip squeeze. Une pression est appliquée de chaque côté de la partie postérieure du bassin vers l’intérieur.

Il n’existe pas nécessairement un angle ni une intensité parfaite.

La bonne pression est celle que la personne en travail veut à ce moment précis.

Dans mes rencontres, j’aime faire tester ce principe avant le travail. Ce n’est pas pour déterminer « la bonne technique » plusieurs semaines à l’avance, mais pour que la personne accompagnante comprenne à quoi ressemble une pression réellement soutenue et comment demander : « Plus fort ? Moins fort ? Plus haut ? Plus bas ? »

Cela lui donne aussi un rôle extrêmement concret lorsque les contractions deviennent plus intenses.

5. Quels points de pression peuvent être utilisés pendant le travail ?

Il faut distinguer la contre-pression, où l’on appuie simplement à l’endroit qui soulage, et l’acupression, où l’on stimule des points définis provenant des systèmes traditionnels d’acupuncture.

Les recherches sur l’acupression pendant le travail sont intéressantes mais hétérogènes. Une revue Cochrane conclut que l’acupression pourrait diminuer l’intensité de la douleur comparativement aux soins usuels, mais que la certitude des données varie beaucoup selon les comparaisons. (PubMed)

Une méta-analyse de 2026 portant spécifiquement sur LI4 retrouve également un effet favorable sur la douleur, mais les auteurs soulignent encore l’importance de standardiser les protocoles. (PubMed)

Je privilégierais donc les points les plus étudiés, plutôt que de présenter une longue liste de points traditionnels comme s’ils bénéficiaient tous du même niveau de preuve.

Illustration des points d’acupression LI4 sur la main, SP6 près de la cheville, BL32 au bas du dos et GB21 sur l’épaule, présentés parmi les options de gestion de la douleur pendant l’accouchement.

Quatre points d’acupression parfois utilisés pendant le travail : LI4, SP6, BL32 et GB21. L’illustration sert de repère visuel; l’emplacement et la façon d’appliquer la pression peuvent être vérifiés avec une personne formée.

LI4 — Hegu : entre le pouce et l’index

LI4 se situe sur le dos de la main, dans la région entre le premier et le deuxième métacarpien, près de la masse musculaire entre le pouce et l’index.

Une pression ferme peut être appliquée pendant la contraction.

LI4 est, avec SP6, l’un des points d’acupression les plus fréquemment étudiés pour la douleur du travail. Les méta-analyses disponibles suggèrent un effet possible sur l’intensité de la douleur. (PubMed Central (PMC))

SP6 — Sanyinjiao : face interne de la jambe

SP6 se situe sur la face interne de la jambe, approximativement quatre largeurs de doigt au-dessus de la malléole interne, derrière le bord du tibia.

Il a fait l’objet de plusieurs essais randomisés. Des études et méta-analyses retrouvent une diminution de la douleur après stimulation de SP6, mais l’ampleur de l'effet et les protocoles utilisés varient. (PubMed Central (PMC))

BL32 — Ciliao : région sacrée

BL32 se situe dans la région du sacrum, à proximité du deuxième foramen sacré postérieur, de chaque côté de la ligne médiane.

En pratique, cette région est particulièrement intéressante parce qu’elle correspond également à une zone où de nombreuses personnes apprécient naturellement une contre-pression pendant les contractions.

Un essai randomisé comparant LI4, BL32 et les soins usuels retrouvait une diminution de la douleur avec les deux points, avec un effet légèrement supérieur pour BL32 à certains moments. Il s’agissait néanmoins d’un petit essai de 105 participantes. (PubMed)

GB21 — Jianjing : haut de l’épaule

GB21 se trouve approximativement à mi-chemin entre la base du cou et l’extrémité de l’épaule.

Ce point apparaît dans certains protocoles de recherche multipoints, mais les données permettant d’isoler son efficacité sont beaucoup moins importantes que pour LI4 et SP6. (PubMed Central (PMC))

Confiance globale dans l’acupression : faible à modérée.

C’est une option raisonnable à intégrer à une boîte à outils, mais je ne la présenterais pas comme un ensemble de « points magiques » qui garantissent un soulagement.

6. Est-ce que le TENS fonctionne pendant l’accouchement ?

Le TENS peut diminuer la douleur chez certaines personnes, mais le niveau de certitude des données demeure faible.

Le TENS, ou neurostimulation électrique transcutanée, utilise des électrodes placées sur la peau afin de produire une stimulation électrique réglable.

Pendant le travail, les électrodes sont généralement positionnées dans la région du dos selon le modèle de l’appareil et les recommandations appropriées.

Comment le TENS agit-il ?

La stimulation électrique active des fibres sensitives et peut influencer la transmission et la modulation des informations douloureuses.

Il offre également quelque chose d’intéressant : une sensation que la personne peut contrôler elle-même.

Je l’explique souvent comme une nouvelle information envoyée au système nerveux. La contraction est toujours là, mais elle n’est plus la seule stimulation importante présente.

Avec certains appareils obstétricaux, la personne peut également augmenter rapidement l’intensité au début d’une contraction puis revenir à une intensité plus faible entre les contractions. Cette participation active peut être appréciée indépendamment de l’effet purement analgésique.

Que disent les études en 2026 ?

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2026 conclut que des données de faible certitude suggèrent que le TENS peut diminuer l’intensité de la douleur au premier stade du travail. Les auteurs soulignent cependant plusieurs limites méthodologiques et une hétérogénéité importante. (Frontiers)

NICE demeure prudent et indique qu’il existe peu de données démontrant son efficacité pendant le travail établi, tout en recommandant de soutenir les personnes qui souhaitent l’utiliser. (Nice)

Confiance dans les données : faible.

Autrement dit : le TENS peut être intéressant à essayer, mais il est impossible de garantir qu’il sera suffisamment efficace pour une personne donnée.

Il ne doit pas être utilisé dans l’eau et son utilisation doit respecter les recommandations du fabricant et de l’équipe de soins.

7. Est-ce que l’utilisation du peigne pendant l’accouchement fonctionne réellement ?

Vous avez peut-être vu cette stratégie sur les réseaux sociaux : tenir un peigne dans la main et serrer ses dents contre la paume pendant la contraction.

Quel serait le mécanisme ?

La logique est plausible. Le peigne produit une stimulation sensorielle assez forte dans une région éloignée de la contraction. Cette stimulation peut attirer l’attention et ajouter une information concurrente traitée par le système nerveux.

Cela ressemble donc, sur le plan conceptuel, à certaines autres stratégies de modulation sensorielle.

Mais un mécanisme plausible n’est pas une preuve d’efficacité clinique.

À l’heure actuelle, les données directes de bonne qualité évaluant spécifiquement le peigne pendant le travail sont insuffisantes pour affirmer qu’il diminue réellement la douleur.

Confiance dans les données : très faible ou données directes insuffisantes.

Comme je dit à mes patientes en préparation à l’accouchement, si vous avez un peigne et que de le serrer vous aide à traverser une contraction, il n’a pas besoin d’avoir gagné une méta-analyse pour avoir sa place dans votre boîte à outils.

8. Comment respirer pendant les contractions ?

Il n’existe probablement pas une respiration parfaite à reproduire pendant tout le travail.

L’objectif d’une respiration contrôlée est surtout d’offrir un point de repère, d’éviter une tension inutile et de faciliter la gestion de la contraction.

L’OMS inclut les techniques respiratoires parmi les techniques de relaxation évaluées pendant le travail. Les données disponibles restent de certitude faible ou très faible pour plusieurs résultats, mais les recommandations cliniques soutiennent leur utilisation lorsque la personne les apprécie.

Ce que j’utilise dans ma pratique

Je préfère généralement une consigne simple à une séquence respiratoire complexe.

Une inspiration confortable, suivie d’une expiration plus longue et relâchée, peut aider à diminuer les tensions qui ne sont pas nécessaires.

J’attire souvent l’attention sur la mâchoire, les épaules et les mains. Si la personne se rend compte qu’elle serre les poings, remonte les épaules et contracte tout son visage à chaque contraction, l’expiration peut simplement devenir le moment où elle essaie de relâcher ce qu’elle peut.

Le but est surtout d’utiliser la respiration de pouvoir utiliser la respiration comme outil pour détendre le corps.

9. Peut-on modifier la perception d’une contraction avec les mots ?

Parfois, oui.

Et cela ne signifie absolument pas nier la douleur.

Dans ma pratique, je propose parfois aux personnes d’explorer la façon dont elles décrivent ce qu’elles ressentent.

Certaines personnes trouvent le mot « douleur » parfaitement juste et utile. D’autres remarquent qu’elles vivent certaines contractions davantage comme une pression très intense, une vague, une tension ou une sensation qui monte puis redescend.

Pour ces personnes, modifier le vocabulaire peut changer légèrement l’interprétation donnée à la sensation.

Cela permet d’observer la sensation avant de lui ajouter automatiquement une signification menaçante.

Ce principe se rapproche des approches basées sur l’attention, la pleine conscience et certains outils cognitivo-comportementaux utilisés dans d’autres contextes de douleur.

10. Visualisation, imagerie mentale et méditation : est-ce seulement psychologique ?

« Psychologique » ne signifie pas « imaginaire ».

L’attention, les émotions, les attentes et le contexte font partie intégrante des mécanismes de la douleur.

Visualisation et imagerie mentale

Une personne peut imaginer une vague qui monte puis redescend, un lieu familier, une image associée à la sécurité ou simplement le mouvement de la respiration.

La fonction principale est souvent de fournir un point d’attention différent de l’anticipation de la douleur de la prochaine contraction.

Méditation et pleine conscience

La pleine conscience cherche davantage à observer les sensations présentes plutôt qu’à lutter mentalement contre elles.

Pendant le travail, cela peut simplement devenir : cette contraction-ci, puis la pause.

Plutôt que de penser : « Comment vais-je supporter encore quatre heures ? », l'attention revient à ce qui se passe maintenant.

Hypnose et autohypnose

L’hypnose utilise des techniques plus structurées de relaxation, de focalisation de l’attention et de suggestion.

Une méta-analyse de 2024 sur différentes interventions corps-esprit retrouvait des résultats encourageants, notamment pour l’hypnose et la pleine conscience, mais avec une hétérogénéité importante entre les études. Une autre revue de l’entraînement prénatal à l’hypnose n’a cependant pas retrouvé de diminution claire du recours à la péridurale. (PubMed)

Confiance dans les données : faible à modérée et variable selon la méthode et le résultat étudié.

11. Pourquoi l’environnement peut-il influencer la douleur ?

Une personne n’expérimente pas ses contractions dans le vide.

Le bruit, la lumière, les conversations, le nombre de personnes présentes, la température, les interruptions, l’intimité et surtout le sentiment de sécurité peuvent influencer l’état d’alerte et l’attention.

Cela ne signifie pas qu’une lumière tamisée va « déclencher l’ocytocine » ou garantir un travail plus rapide. Ce type de raccourci est trop simpliste.

En revanche, il est cohérent avec notre compréhension de la douleur que se sentir observé, inquiet ou constamment interrompu ne produise pas la même expérience que se sentir soutenu, en sécurité et capable de contrôler certains aspects de son environnement.

Dans ma pratique

L’environnement fait partie de la boîte à outils.

Je demande parfois aux personnes de penser à ce qui les aide normalement lorsqu’elles vivent quelque chose de physiquement intense.

Certaines veulent du silence. Certaines mettent toujours de la musique. Certaines ont besoin d’entendre leur personne accompagnante parler. D’autres ne veulent absolument pas qu’on leur pose des questions pendant une contraction.

Ces informations peuvent sembler secondaires pendant la grossesse. Elles deviennent pourtant extrêmement utiles pour la personne accompagnante le jour du travail.

NICE recommande notamment de soutenir l’utilisation de la musique choisie par la personne pendant le travail. Les revues systématiques sur la relaxation suggèrent que la musique et d’autres techniques pourraient aider à gérer la douleur, même si la certitude globale des données reste faible. (Nice)

12. Bouger et changer de position peut-il diminuer la douleur ?

Oui, pour certaines personnes, parce qu’un changement de position modifie les contraintes, les pressions et les informations sensorielles provenant du corps.

Marcher, se pencher vers l’avant, s’appuyer sur une surface, s’agenouiller, se mettre à quatre pattes, utiliser un ballon ou simplement déplacer les hanches permet également de rechercher activement une position plus confortable.

Je trouve important de ne pas transformer cela en nouvelle règle.

Il n’existe pas une position « correcte » pour gérer le travail.

La position appréciée à 15 h peut être complètement intolérable à 16 h.

Dans mes rencontres, l’objectif est donc surtout de développer des repères et plusieurs possibilités, plutôt que de mémoriser dix positions à reproduire coûte que coûte.

Vous voulez préparer ces options avant le travail ?
Le Journal de préparation à l’accouchement de Noralie Clarinette vous aide à identifier vos préférences, vos outils de gestion de la douleur et les stratégies que vous aimeriez essayer. L’objectif n’est pas de prévoir exactement comment se déroulera l’accouchement, mais d’arriver avec davantage d’options lorsque les sensations deviennent intenses.

13. Pourquoi la personne accompagnante peut-elle réellement aider à gérer la douleur ?

La personne accompagnante n’a pas besoin de « faire disparaître » la douleur.

Son rôle peut être beaucoup plus concret : appliquer une pression, préparer une source de chaleur, ajuster le TENS, protéger l’environnement, proposer un changement de position, guider une respiration ou simplement rester présente.

Le soutien continu pendant le travail fait partie des interventions non pharmacologiques pour lesquelles les données sont particulièrement intéressantes. Une revue Cochrane a retrouvé plusieurs bénéfices cliniquement significatifs et aucun dommage connu associé au soutien continu. (PubMed)

Ce que j’observe en préparation à l’accouchement

La difficulté n’est souvent pas le manque de bonne volonté de la personne accompagnante.

C’est le manque de plan.

Lorsque la personne en travail ne parle presque plus pendant une contraction, ce n’est pas nécessairement le moment idéal pour demander :

« Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? »

Il est beaucoup plus facile d’avoir déjà discuté de quelques possibilités : « Si tu as mal dans le dos, je peux essayer la pression au sacrum. Si tu as chaud, je peux chercher une débarbouillette froide. Si tu veux bouger, je peux t’aider à changer de position. »

Cela transforme la personne accompagnante d’observateur inquiet en membre actif de l’équipe.

C’est exactement pourquoi le Guide de la personne accompagnante existe.
Le Guide de la personne accompagnante de Noralie Clarinette permet de réfléchir avant le travail aux gestes qui peuvent aider, aux préférences de la personne qui accouche et à la façon de soutenir sans avoir à tout improviser lorsque l’intensité augmente.

14. Existe-t-il d’autres options non pharmacologiques ?

Une option moins connue est l’injection d’eau stérile.

De petites quantités d’eau stérile sont injectées sous ou dans la peau de plusieurs points de la région sacrée par un professionnel formé. L’injection provoque généralement une sensation de brûlure très intense mais brève.

Cette intervention est surtout étudiée pour la douleur lombaire importante pendant le travail.

NICE indique qu’elle peut être envisagée dans ce contexte et précise que le soulagement peut commencer environ dix minutes après l’injection et persister jusqu’à trois heures. (Nice)

Ce n’est évidemment pas une intervention à réaliser soi-même. Sa disponibilité varie selon les milieux de soins.

15. Et si les options non pharmacologiques ne suffisent pas ?

Alors il existe d’autres options.

Utiliser une péridurale, du protoxyde d’azote ou un analgésique ne signifie pas que les stratégies non pharmacologiques ont échoué.

Une personne peut avoir utilisé la chaleur pendant trois heures, le bain pendant une heure, le TENS et les contre-pressions, puis décider qu’elle souhaite davantage de soulagement.

Son besoin a simplement changé.

Les options pharmacologiques disponibles varient selon le pays, l’établissement, le déroulement du travail, les antécédents médicaux et la situation obstétricale. Il est donc préférable de discuter à l’avance avec votre équipe des possibilités disponibles dans votre lieu de naissance.

Protoxyde d’azote

Le protoxyde d’azote est inhalé à travers un masque ou un embout et agit rapidement. Il ne supprime généralement pas complètement la douleur, mais peut diminuer l’anxiété et rendre les sensations plus faciles à gérer.

Des étourdissements ou des nausées peuvent survenir. (Nice)

Analgésiques opioïdes

Des opioïdes peuvent être administrés par différentes voies selon le milieu de soins.

Ils peuvent diminuer la perception de la douleur, mais peuvent également entraîner de la somnolence, des nausées et certains effets respiratoires maternels ou néonatals selon le produit, la dose et le moment de l’administration. (Nice)

Péridurale et autres analgésies neuraxiales

La péridurale utilise des médicaments administrés près des nerfs de la colonne vertébrale afin de diminuer fortement la transmission des informations douloureuses provenant de la partie inférieure du corps.

L’analgésie neuraxiale est une méthode hautement efficace de soulagement de la douleur pendant le travail. ACOG recommande qu’elle puisse être offerte à n’importe quel stade du travail lorsqu’elle est souhaitée et appropriée. (ACOG)

D’autres techniques neuraxiales, comme la rachianesthésie ou la combinaison rachianesthésie-péridurale, peuvent être utilisées dans certaines situations. (ACOG)

Pour savoir quelles options sont appropriées pour vous, leurs avantages, leurs effets secondaires et leur disponibilité, discutez-en avec votre équipe médicale ou votre sage-femme.

Faut-il choisir entre un accouchement « naturel » et une péridurale ?

Non.

Cette opposition crée souvent une pression inutile.

Les stratégies non pharmacologiques et pharmacologiques peuvent se compléter.

Une personne peut continuer à utiliser la respiration, le changement de position, le toucher, la musique ou le soutien de sa personne accompagnante après avoir reçu une analgésie pharmacologique.

Une question utile à se poser est :

« Quelles options voudrais-je avoir à ma disposition, et comment pourrai-je adapter mon plan selon ce que je ressens ? »

Comment construire sa boîte à outils pour gérer les contractions ?

Dans ma pratique, je ne cherche pas à faire choisir aux personnes leur technique de gestion de la douleur.

Je préfère qu’elles aient plusieurs catégories d’outils.

Une sensation physique comme la chaleur ou le TENS. Une stratégie de mouvement. Une position de repos. Une façon de respirer. Une option de contre-pression. Une façon d’agir sur l’environnement. Une stratégie cognitive comme la visualisation. Et une compréhension des options pharmacologiques disponibles si elles deviennent nécessaires.

Il n’est pas nécessaire que toutes fonctionnent.

Il suffit qu’à chaque étape du travail, il reste quelque chose à essayer.

C’est aussi pour cette raison que je recommande de tester certains outils avant le début du travail lorsque c’est possible. Non pas pour prédire ce qui fonctionnera, mais pour éviter que tout soit complètement nouveau le jour de l’accouchement.

Questions fréquentes sur la gestion de la douleur pendant l’accouchement

Quelle est la meilleure méthode naturelle pour soulager les contractions ?

Il n’existe pas une méthode non pharmacologique qui soit la plus efficace pour tout le monde. Parmi les stratégies les mieux soutenues, le massage, la chaleur, l’eau et le soutien continu disposent de données relativement favorables. Leur efficacité individuelle demeure toutefois variable.

Comment soulager les contractions à la maison ?

Au début du travail, certaines personnes utilisent la chaleur, la douche ou le bain, le mouvement, différentes positions, le massage, la respiration, la musique ou le TENS.

Est-ce que le TENS empêche d’avoir une péridurale plus tard ?

Non. Le TENS peut être utilisé comme outil de confort sans empêcher le recours ultérieur à d’autres formes d’analgésie. NICE précise que d’autres méthodes de soulagement peuvent être utilisées parallèlement ou par la suite. (Nice)

Où faut-il appuyer pendant une contraction ?

Si l’objectif est une contre-pression, il n’est pas nécessaire de trouver un point d’acupuncture précis : la région sacrée ou lombaire où la personne souhaite recevoir de la pression peut être utilisée. Pour l’acupression traditionnelle, LI4, SP6 et BL32 font partie des points les plus étudiés. (PubMed Central (PMC))

Est-ce que l’utilisation du peigne pendant l’accouchement est prouvé scientifiquement ?

Nous ne disposons pas actuellement de données directes solides permettant de conclure que le peigne réduit la douleur du travail. Son mécanisme comme stimulation sensorielle concurrente est plausible, mais cela ne constitue pas une preuve d’efficacité.

Peut-on changer d’avis concernant la péridurale ?

Oui. Les préférences concernant la douleur peuvent changer pendant le travail. ACOG souligne également qu’il est raisonnable de reconsidérer les options de soulagement lorsque les besoins changent. (ACOG)

L’objectif n’est pas de contrôler l’accouchement, mais d’avoir des options

Il est impossible de savoir exactement comment vous ressentirez vos contractions avant de les vivre.

C’est précisément pourquoi une préparation utile ne consiste pas à construire un scénario rigide.

Elle consiste à comprendre ce qui se passe, connaître plusieurs façons d’agir et savoir vers quelles ressources se tourner lorsque les besoins changent.

La chaleur peut fonctionner pendant un moment.

Puis vous pouvez avoir besoin de bouger.

Puis de contre-pression.

Puis de silence.

Puis d’une péridurale.

Toutes ces décisions peuvent faire partie du même accouchement.

La meilleure boîte à outils n’est pas celle qui vous permet d’éviter à tout prix une option. C’est celle qui vous permet d’en avoir suffisamment pour continuer à faire des choix adaptés à ce que vous vivez.

Vous souhaitez préparer vos propres options ?
Le Journal de préparation à l’accouchement et le Guide de la personne accompagnante de Noralie Clarinette ont été conçus pour vous aider à réfléchir à vos préférences, aux stratégies que vous aimeriez essayer et au rôle que votre accompagnateur·rice peut prendre pendant le travail.

Vous ne savez pas encore quelles questions poser à votre équipe ? Le guide gratuit 10 questions pour faire des choix éclairés peut également vous aider à préparer ces échanges avant le jour de l’accouchement.

À propos de l’autrice

Eugénie Messier-Lamarche est physiothérapeute formée en rééducation périnéale et pelvienne. Dans sa pratique clinique, elle accompagne notamment des personnes enceintes dans leur préparation physique à l’accouchement et dans la compréhension des différentes stratégies pouvant être utilisées pendant le travail.

Cet article fournit de l’information générale à visée éducative. Il ne remplace pas une évaluation individualisée ni les recommandations de votre équipe médicale ou sage-femme. Les options disponibles et appropriées peuvent varier selon votre situation clinique et votre lieu de naissance.

Références principales

Les principales données présentées dans cet article s’appuient sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé concernant les soins intrapartum, les recommandations NICE sur la gestion de la douleur pendant le travail, les recommandations et ressources de l’American College of Obstetricians and Gynecologists, ainsi que sur les revues systématiques Cochrane concernant le massage, la relaxation, l’acupression et le soutien continu.

Les données plus récentes utilisées comprennent notamment la méta-analyse 2026 sur le TENS, la méta-analyse 2026 consacrée au point LI4, les revues sur l’immersion dans l’eau et les interventions corps-esprit, ainsi que la méta-analyse sur la chaleur pendant le travail. (Frontiers)

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Eugénie Messier-Lamarche Eugénie Messier-Lamarche

Premières contractions : comment bouger, respirer et utiliser les positions pour mieux gérer la douleur

Que peut-on faire avec son corps pendant les premières contractions? Découvrez comment le mouvement, les positions, la respiration et le plancher pelvien peuvent aider à mieux gérer les sensations et à adapter vos stratégies au fil du travail.

Les premières contractions arrivent parfois doucement. À d’autres moments, elles attirent rapidement toute l’attention.

Et lorsqu’elles commencent, une question revient souvent :

Qu’est-ce que je peux réellement faire avec mon corps pendant une contraction?

Le mouvement, les changements de position et la respiration sont trois outils simples que vous pouvez utiliser pour modifier la façon dont votre corps vit le travail.

L’objectif n’est pas de trouver la position ou la respiration qui fonctionnera pendant tout l’accouchement. Il est plutôt de disposer de plusieurs repères familiers afin de pouvoir essayer, observer et ajuster au fur et à mesure que le travail progresse.

Cet article se concentre volontairement sur les stratégies corporelles : comment bouger, se positionner, respirer et reconnaître les tensions. D’autres stratégies de gestion de la douleur, comme le TENS, la chaleur, l’immersion dans l’eau ou les options pharmacologiques, peuvent également faire partie de la préparation, mais ne sont pas détaillées ici.

En bref : que peut-on faire avec son corps pendant les premières contractions?

Pendant le début du travail, vous pouvez notamment :

  • marcher ou vous balancer doucement;

  • changer de position en fonction de ce que vous ressentez;

  • vous pencher vers l’avant ou utiliser un appui;

  • vous installer à quatre pattes, assise ou couchée sur le côté;

  • utiliser un ballon;

  • observer votre respiration;

  • repérer les endroits où vous créez davantage de tension;

  • chercher les positions dans lesquelles vous arrivez plus facilement à relâcher votre corps et votre plancher pelvien.

Une position peut être confortable pendant vingt minutes et devenir désagréable ensuite. C’est normal.

1. Pourquoi bouger et changer de position pendant les contractions?

Les recommandations de NICE encouragent les femmes à bouger et à adopter les positions qu’elles trouvent les plus confortables pendant le travail, plutôt que de rester systématiquement dans une même position. (Nice)

Certaines données suggèrent également que les positions verticales et la mobilité pendant le premier stade du travail pourraient en réduire la durée. Une revue Cochrane portant sur 25 études et plus de 5 000 femmes observait notamment un premier stade plus court chez les femmes assignées à des positions verticales ou à la marche, mais les études étaient très hétérogènes et de qualité variable. Il faut donc voir la mobilité comme une possibilité utile plutôt que comme une technique permettant de garantir une progression plus rapide du travail. (PubMed)

Mais le mouvement peut également avoir un intérêt beaucoup plus immédiat : il peut modifier ce que vous ressentez pendant une contraction.

Changer de position modifie notamment :

  • vos points d’appui;

  • la façon dont votre poids est réparti;

  • l’orientation du bassin;

  • la position des hanches;

  • la longueur et l’activité de certains muscles;

  • la façon dont vous respirez;

  • les régions du corps dans lesquelles vous créez davantage ou moins de tension.

Une contraction utérine reste une contraction. Mais la position dans laquelle votre corps la reçoit peut changer.

Ce que j’observe dans ma pratique

Dans ma pratique comme physiothérapeute formée en rééducation périnéale et pelvienne, je préfère travailler avec des familles de positions et des repères corporels plutôt qu’avec une liste de positions à mémoriser.

J’encourage notamment mes patientes à se poser quelques questions simples :

Est-ce que cette position est confortable?
Est-ce que je peux maintenir une respiration fluide?
Est-ce que je peux relâcher mon plancher pelvien?
Est-ce que je serre mes fesses, mes jambes ou mes abdominaux?
Est-ce qu’un autre appui changerait ce que je ressens?

Cette capacité à observer puis à ajuster peut devenir beaucoup plus utile pendant le travail que d’essayer de reproduire parfaitement une position apprise plusieurs semaines auparavant.

2. Qu’est-ce qu’une position change réellement dans le corps?

Deux positions peuvent sembler très différentes extérieurement, mais ce qui m’intéresse surtout en préparation à l’accouchement est ce qu’elles changent pour la personne qui les utilise.

Par exemple, passer de la position debout à une position penchée vers l’avant modifie l’orientation du tronc, les points d’appui et le travail demandé aux jambes.

Passer de la position debout à quatre pattes enlève une partie de la charge des membres inférieurs et modifie l’orientation du bassin et des hanches.

Se coucher sur le côté permet davantage de repos et modifie encore les points de pression.

Changer la largeur des genoux ou la rotation des hanches peut également modifier l’activité des muscles qui entourent le bassin et ce que vous ressentez au niveau du plancher pelvien.

Une position est une configuration du corps que l’on peut modifier.

3. Quelles positions peut-on essayer pendant les premières contractions?

Debout ou en mouvement

Vous pouvez marcher, transférer doucement votre poids d’un pied à l’autre ou effectuer de petits mouvements du bassin.

Il n’est pas nécessaire d’effectuer de grands mouvements. Quelques centimètres peuvent suffire pour modifier ce que vous ressentez.

Penchée vers l’avant

Un comptoir, le dossier d’une chaise, le bord du lit, un ballon ou votre personne accompagnante peuvent servir d’appui.

Déposer une partie du poids du haut du corps sur un support peut vous permettre de relâcher davantage les épaules et les bras.

À quatre pattes ou à genoux

Vous pouvez rester à quatre pattes, déplacer doucement votre bassin ou vous appuyer sur vos avant-bras, un ballon ou des coussins.

La distance entre les genoux, la position des pieds et la hauteur du tronc peuvent être ajustées selon votre confort.

Assise sur un ballon

Le ballon permet de rester assise tout en conservant une certaine mobilité du bassin.

Vous pouvez vous balancer légèrement, déplacer votre poids ou effectuer de petits cercles.

Assurez-vous que l’environnement et le ballon sont stables et sécuritaires.

Couchée sur le côté

Le repos fait aussi partie des stratégies disponibles.

La position couchée sur le côté peut permettre de diminuer la charge sur les jambes et de récupérer entre les contractions ou pendant une période où vous avez besoin de moins bouger.

Des coussins peuvent être utilisés pour soutenir les jambes et améliorer le confort.

Faut-il changer régulièrement de position?

Il n’existe pas de fréquence idéale.

Une question beaucoup plus utile est : « Est-ce que cette position me convient encore? »

Si elle demeure confortable, vous pouvez la conserver. Lorsqu’elle ne l’est plus, un changement d’appui, de position ou même un petit déplacement peut être suffisant.

4. Comment utiliser la respiration pendant une contraction?

Les techniques de respiration et de relaxation font partie des stratégies non pharmacologiques reconnues par l’Organisation mondiale de la Santé pour les femmes qui souhaitent les utiliser pendant le travail. (Organisation mondiale de la santé)

Il n’est toutefois pas nécessaire de mémoriser une séquence complexe.

Une façon simple de commencer est de laisser entrer l’air naturellement puis de ralentir doucement l’expiration.

Certaines personnes apprécient une expiration légèrement plus longue. D’autres préfèrent produire un son pendant l’expiration.

Ce qui m’intéresse surtout est ce que la respiration produit dans le reste du corps.

Un repère que j’utilise en pratique

Lorsque je travaille la préparation à l’accouchement, j’observe notamment si la respiration aide la personne à diminuer certaines tensions musculaires ajoutées à la contraction.

On peut porter attention :

  • aux épaules;

  • aux mains;

  • à la mâchoire;

  • au visage;

  • aux abdominaux;

  • aux fesses;

  • à l’intérieur des cuisses;

  • au plancher pelvien.

Je propose souvent à mes patientes d’essayer une inspiration tranquille par le nez, suivie d’une expiration lente entre les lèvres légèrement pincées, puis d’observer ce qui se passe dans le reste du corps.

Est-ce que les épaules redescendent?

Est-ce que la mâchoire se relâche?

Est-ce que les fesses cessent de se contracter?

Est-ce que le plancher pelvien semble plus facile à relâcher?

La respiration devient alors un moyen d’observer et de moduler les tensions.

5. Quel est le lien entre la respiration, les abdominaux et le plancher pelvien?

Le plancher pelvien ne travaille pas de façon isolée.

Il fait partie d’un ensemble comprenant notamment le diaphragme, la paroi abdominale, le bassin et les muscles qui entourent les hanches.

Ces structures participent ensemble à la respiration, au mouvement, à la stabilité du tronc et à la gestion de la pression à l’intérieur de l’abdomen. Les muscles du plancher pelvien participent notamment à la modulation de la pression intra-abdominale et présentent une activité liée aux fonctions posturales et respiratoires. (Hodges, Sapsford & Pengel, 2007) (PubMed)

L’analogie de la canette

Pour simplifier cette coordination, on peut imaginer le tronc comme une canette.

Le diaphragme forme le dessus.

Le plancher pelvien forme la base.

La paroi abdominale et les muscles du dos forment les côtés.

À l’intérieur se trouve une pression : la pression intra-abdominale.

Cette pression n’est pas problématique en elle-même. Elle varie continuellement lorsque nous respirons, bougeons, toussons, changeons de position ou produisons un effort.

Le diaphragme, la paroi abdominale et le plancher pelvien s’adaptent à ces changements.

Lors d’une inspiration tranquille, le diaphragme descend et le plancher pelvien tend également à se déplacer vers le bas. À l’expiration, les deux structures remontent. Ce mouvement coordonné a notamment été observé par imagerie dynamique chez des femmes en bonne santé. (Talasz et al., 2011) (PubMed)

L’image de la canette est évidemment une simplification, mais elle permet de comprendre pourquoi respirer, contracter les abdominaux, changer de position ou modifier la tension du plancher pelvien ne sont pas des actions complètement indépendantes.

Et la paroi abdominale?

Les muscles abdominaux et le plancher pelvien présentent également des interactions.

Une étude électromyographique a notamment observé une augmentation de l’activité de plusieurs muscles abdominaux pendant des contractions volontaires du plancher pelvien chez des femmes sans symptômes de dysfonction du plancher pelvien. (Sapsford et al., 2001) (PubMed)

C’est l’une des raisons pour lesquelles, en préparation à l’accouchement, je ne cherche pas seulement à savoir si une personne est capable de « contracter son périnée ».

Je veux aussi savoir si elle peut :

  • reconnaître cette contraction;

  • reconnaître le relâchement;

  • respirer pendant le mouvement;

  • observer ce que font ses abdominaux;

  • remarquer les tensions dans les fesses et les jambes;

  • modifier une position lorsque celle-ci crée davantage de tension.

Et les hanches?

Les muscles qui entourent les hanches sont étroitement liés à la mécanique du bassin.

L’obturateur interne, par exemple, est un rotateur externe de la hanche situé sur la paroi interne du bassin. Des travaux anatomiques montrent un large contact entre l’obturateur interne et l’élévateur de l’anus par l’intermédiaire du fascia obturateur. (Muro et al., 2023) (P

ubMed)

Certaines recherches montrent également que la position des hanches peut influencer l’activité mesurée du plancher pelvien. Dans une petite étude menée auprès de neuf femmes en bonne santé, l’activité du plancher pelvien pendant une contraction volontaire était plus élevée dans certaines positions debout comprenant une rotation externe de la hanche. Ces résultats ne permettent pas de conclure qu’une position particulière contractera ou relâchera automatiquement le plancher pelvien pendant l’accouchement, mais ils illustrent bien l’interaction entre la position des hanches et l’activité musculaire pelvienne. (Ishihara et al., 2023) (J-STAGE)

Cela aide aussi à comprendre pourquoi simplement dire « ouvre les genoux pour détendre ton périnée » est probablement trop simpliste.

La position des hanches, l’orientation du bassin, la respiration, les appuis et le niveau général de tension doivent être considérés ensemble.

Ce que je travaille avec mes patientes

Dans ma pratique comme physiothérapeute formée en rééducation périnéale et pelvienne, je cherche donc davantage à développer la capacité à prendre différentes positions qu’à trouver une position parfaite.

Une même personne peut sentir son plancher pelvien très différemment couchée, assise, à quatre pattes ou debout.

Nous pouvons alors explorer :

Est-ce que je reconnais ma contraction?
Est-ce que je reconnais mon relâchement?
Est-ce que je retiens ma respiration?
Est-ce que je contracte mes fesses ou mes cuisses?
Que se passe-t-il si je modifie légèrement mes hanches ou mon bassin?
Est-ce que cette position rend le relâchement plus facile ou plus difficile?

Être capable de contracter est utile. Mais, être capable de relâcher, de bouger et de s’adapter l’est tout autant.

6. Quelles stratégies corporelles peut-on préparer avant l’accouchement?

Il peut être intéressant d’explorer certaines de ces stratégies avant le début du travail.

Vous pouvez vous familiariser avec différentes familles de positions, pratiquer les transitions entre elles, observer votre respiration et apprendre à reconnaître les tensions que vous ajoutez involontairement dans certaines régions du corps.

Vous pouvez également identifier quelques repères personnels :

  1. Dans quelles positions ma respiration est-elle la plus libre?

  2. Quelles positions me permettent de relâcher plus facilement mes jambes et mes fesses?

  3. Dans quelles positions est-ce que je sens le mieux le mouvement de mon plancher pelvien?

  4. Quels appuis me donnent le plus de confort?

Dans ma pratique, j’aime que les personnes aient déjà exploré plusieurs de ces possibilités avant le travail. Cela leur permet de mieux reconnaître ce qui les aide, ce qui augmente leurs tensions et ce qu’elles souhaitent modifier lorsqu’une contraction arrive.

Cette préparation peut également aider la femme qui accouche à se sentir davantage actrice de leur accouchement, même si elle ne peut pas toujours en choisir le déroulement.

La question devient alors simplement : Qu’est-ce qui m’aide en ce moment?

7. Comment la personne accompagnante peut-elle soutenir ces stratégies?

La personne accompagnante n’a pas nécessairement besoin de maîtriser une longue liste de techniques.

Elle peut surtout vous aider à utiliser ce que vous avez déjà exploré.

Elle peut déplacer un ballon ou une chaise, installer des coussins, vous offrir un appui, vous aider à changer de position, vous rappeler une stratégie qui vous avait plu pendant la préparation ou simplement vous laisser continuer lorsque quelque chose fonctionne bien.

Lorsque les contractions demandent davantage de concentration, cette présence peut aussi éviter que vous ayez à réfléchir seule à toutes les possibilités disponibles.

Ce rôle peut se préparer avant le travail. Réfléchir ensemble à ce qui vous aide, à la façon dont vous aimez être soutenue et aux stratégies que votre personne accompagnante peut vous rappeler permet de lui donner un rôle concret.

Le guide de la personne accompagnante de Noralie Clarinette a justement été conçu pour guider cette réflexion et préparer ensemble des façons concrètes de participer à l’accouchement.

Découvrir le journal de la personne accompagnante.

8. Et si ces stratégies corporelles ne suffisent pas?

Les stratégies présentées dans cet article ne représentent qu’une partie des possibilités de gestion de la douleur pendant le travail.

Respirer, bouger ou changer de position n’a pas à remplacer les autres options.

L’Organisation mondiale de la Santé reconnaît à la fois des stratégies non pharmacologiques et des options pharmacologiques de soulagement de la douleur, dont l’analgésie péridurale pour les femmes qui la souhaitent. (Organisation mondiale de la santé)

Vous pouvez avoir préparé plusieurs positions et demander ensuite une analgésie.

Vous pouvez continuer à bouger lorsque c’est possible tout en utilisant d’autres stratégies.

Vous pouvez aussi découvrir le jour même que ce que vous aviez imaginé ne correspond finalement pas à ce dont vous avez besoin.

La préparation sert à augmenter vos options, pas à limiter vos choix.

À télécharger gratuitement : 10 questions pour faire des choix éclairés

Pendant la grossesse et l’accouchement, différentes options peuvent vous être proposées.

Il n’est pas toujours facile de savoir quelles questions poser pour comprendre ce qu’elles impliquent et déterminer si elles correspondent à ce que vous souhaitez.

Les 10 questions pour faire des choix éclairés de Noralie Clarinette ont été conçues comme un aide-mémoire simple lorsqu’une intervention, une procédure ou une autre option vous est présentée.

Elles vous aident notamment à clarifier pourquoi cette option est proposée, ses bénéfices et ses inconvénients, les alternatives possibles, ce qui pourrait se passer si vous attendez et la façon dont cette option correspond à vos préférences et à votre situation.

L’objectif est de vous aider à poser les bonnes questions pour prendre une décision plus éclairée avec votre équipe de soins.

Télécharger gratuitement les 10 questions

Ce qu’il faut retenir

Pendant les premières contractions, vous n’avez pas besoin d’une longue séquence de mouvements à reproduire.

Le mouvement, les positions et la respiration peuvent plutôt devenir des outils permettant d’observer ce qui se passe dans votre corps et de modifier ce qui peut l’être.

Bougez.

Respirez.

Changez vos appuis.

Observez les tensions.

Essayez une autre position.

Puis gardez ce qui vous aide à ce moment-là.

Explorez. Observez. Ajustez.

Pour aller plus loin dans votre préparation

Les outils de Noralie Clarinette ont été conçus pour vous aider à transformer l’information en préparation concrète : explorer les positions, mieux comprendre votre corps, réfléchir à vos préférences et préparer le rôle de votre personne accompagnante.

Découvrir les outils de préparation à l’accouchement

Questions fréquentes

Est-ce que bouger aide vraiment pendant les contractions?

Bouger permet de modifier les appuis, la position des hanches et du bassin et les tensions musculaires. NICE recommande de favoriser la mobilité et les positions confortables pendant le travail. Certaines données suggèrent également que les positions verticales et mobiles peuvent être associées à un premier stade du travail plus court, bien que les études présentent plusieurs limites. (Nice)

Quelle est la meilleure position pendant une contraction?

Il n’existe pas de position universellement optimale. Une position utile est avant tout une position dans laquelle vous vous sentez suffisamment confortable et que vous pouvez modifier lorsque vos besoins changent.

Faut-il changer souvent de position?

Non. Il n’existe pas de fréquence précise à respecter. Vous pouvez utiliser votre confort, votre niveau de tension et ce que vous ressentez pendant les contractions comme repères pour décider si un changement serait utile.

Comment respirer pendant une contraction?

Une respiration calme et confortable peut être utilisée comme stratégie de relaxation. Vous pouvez notamment explorer une expiration lente et observer si elle aide à diminuer certaines tensions musculaires. L’OMS inclut les techniques respiratoires parmi les stratégies de relaxation pouvant être proposées pendant le travail. (Iris)

Pourquoi parle-t-on du plancher pelvien dans un article sur les contractions?

Parce que le plancher pelvien interagit avec le diaphragme, la paroi abdominale, la pression intra-abdominale et les structures entourant les hanches. Comprendre ces interactions aide à donner un sens aux stratégies de respiration, de mouvement et de changement de position. (PubMed)

Est-ce qu’ouvrir davantage les genoux détend automatiquement le plancher pelvien?

Non. La relation entre la position des hanches et l’activité du plancher pelvien est plus complexe. La position des hanches peut influencer l’activité musculaire, mais elle ne permet pas à elle seule de prédire si le plancher pelvien sera contracté ou relâché. (J-STAGE)

Important

Cet article présente des informations générales de préparation à l’accouchement. Il ne remplace pas une évaluation individuelle ni les recommandations de votre médecin, sage-femme ou autre professionnel·le responsable de votre suivi.

Si vous avez une inquiétude concernant vos contractions, vos symptômes ou le bien-être de votre bébé, communiquez avec votre équipe de soins ou votre lieu de naissance selon les consignes qui vous ont été données.

Références

Organisation mondiale de la Santé. (2018). WHO recommendations: Intrapartum care for a positive childbirth experience. Geneva: World Health Organization. (Organisation mondiale de la santé)

National Institute for Health and Care Excellence. Intrapartum care. NICE guideline NG235. Recommandations sur la mobilité, les positions et les soins pendant le travail. (Nice)

Lawrence, A., Lewis, L., Hofmeyr, G. J., & Styles, C. (2013). Maternal positions and mobility during first stage labour. Cochrane Database of Systematic Reviews, Issue 10, CD003934. DOI: 10.1002/14651858.CD003934.pub4. (PubMed)

Hodges, P. W., Sapsford, R., & Pengel, L. H. M. (2007). Postural and respiratory functions of the pelvic floor muscles. Neurourology and Urodynamics, 26(3), 362–371. DOI: 10.1002/nau.20232. (PubMed)

Talasz, H., Kremser, C., Kofler, M., Kalchschmid, E., Lechleitner, M., & Rudisch, A. (2011). Phase-locked parallel movement of diaphragm and pelvic floor during breathing and coughing—a dynamic MRI investigation in healthy females. International Urogynecology Journal, 22(1), 61–68. DOI: 10.1007/s00192-010-1240-z. (PubMed)

Sapsford, R. R., Hodges, P. W., Richardson, C. A., Cooper, D. H., Markwell, S. J., & Jull, G. A. (2001). Co-activation of the abdominal and pelvic floor muscles during voluntary exercises. Neurourology and Urodynamics, 20(1), 31–42. DOI: 10.1002/1520-6777(2001)20:1<31::AID-NAU5>3.0.CO;2-P. (PubMed)

Muro, S., Nimura, A., Ibara, T., Chikazawa, K., Nakazawa, M., & Akita, K. (2023). Anatomical basis for contribution of hip joint motion by the obturator internus to defaecation/urinary functions by the levator ani via the obturator fascia. Journal of Anatomy, 242(4), 657–665. DOI: 10.1111/joa.13810. (PubMed)

Ishihara, H., Maeda, N., Komiya, M., Mizuta, R., Oda, S., Naito, K., & Urabe, Y. (2023). Investigation of effective standing posture for increasing activity of pelvic floor muscles: a cross-sectional study. The Journal of Physical Fitness and Sports Medicine, 12(6), 155–160. DOI: 10.7600/jpfsm.12.155. (J-STAGE)

Cette version me paraît plus cohérente que la précédente : elle ne prétend plus couvrir toute la « gestion de la douleur », et la partie scientifique sur les positions explique maintenant pourquoi tu proposes de bouger et d’expérimenter plutôt que de simplement donner une liste de positions. C’est aussi beaucoup plus clairement un article écrit depuis une perspective de physiothérapie périnéale.

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Eugénie Messier-Lamarche Eugénie Messier-Lamarche

Comment se préparer à l’accouchement? Réponses à 15 questions fréquentes

Exercices, plancher pelvien, massage périnéal, respiration, poussée et positions : des réponses claires basées sur ce que nous dit la science pour mieux préparer votre accouchement.

Exercices, plancher pelvien, massage périnéal, positions, respiration, poussée… qu’est-ce qui est réellement utile pour préparer son corps à l’accouchement?

Quand on commence à se préparer à l’accouchement, les conseils ne manquent pas : renforcer son plancher pelvien, apprendre à le relâcher, faire du massage périnéal, pratiquer la poussée, essayer différentes positions… Mais qu’est-ce qui est réellement utile?

Dans cet article, je réponds à 15 questions fréquentes sur la préparation physique et périnéale à l’accouchement. Je vous explique ce que les données scientifiques permettent réellement d’affirmer, mais aussi comment j’aborde certaines de ces questions dans ma pratique en physiothérapie périnéale et pelvienne.

L’objectif n’est pas de vous donner 15 choses supplémentaires à faire avant le jour J. Il est de vous aider à déterminer ce qui pourrait réellement être pertinent dans votre propre préparation.

Les informations présentées ici sont générales. Elles ne remplacent pas une évaluation ni les recommandations de l’équipe responsable de votre grossesse, particulièrement en présence de symptômes, de complications ou de consignes obstétricales particulières.

Les 15 questions sur la préparation à l’accouchement

  1. Quand commencer à préparer son corps à l’accouchement?

  2. Quels exercices sont les plus utiles?

  3. La marche, le ballon ou les squats peuvent-ils déclencher le travail?

  4. Peut-on aider le bébé à descendre ou à mieux se positionner?

  5. Faut-il faire des Kegels ou apprendre à relâcher le plancher pelvien?

  6. Peut-on réduire le risque de déchirure ou d’épisiotomie?

  7. Le massage périnéal est-il vraiment efficace?

  8. Quand commencer le massage périnéal et comment le faire?

  9. Est-il normal que le massage périnéal soit inconfortable?

  10. Comment pousser pendant l’accouchement?

  11. Peut-on se préparer à la poussée?

  12. Quelle respiration utiliser?

  13. Quelles positions utiliser avec ou sans péridurale?

  14. Comment la personne accompagnante peut-elle aider?

  15. Quand consulter en physiothérapie périnéale et pelvienne?

1. Quand devrait-on commencer à préparer son corps à l’accouchement?

Il n’existe pas une semaine précise à laquelle toute préparation doit commencer.

L’activité physique peut être poursuivie ou commencée progressivement pendant la grossesse lorsqu’il n’y a pas de contre-indication.

La préparation plus spécifique à l’accouchement peut être intégrée graduellement au troisième trimestre. Elle peut comprendre :

  • l’exploration de différentes positions;

  • la mobilité du bassin et des hanches;

  • la respiration;

  • la conscience du plancher pelvien;

  • l’exploration de la respiration, du relâchement et des positions qui pourront être utilisés pendant le travail et la poussée;

  • le massage périnéal à partir des dernières semaines, lorsqu’il est approprié.

Vous n’avez toutefois pas besoin de suivre un programme parfait pendant plusieurs mois pour être « prête ». Quelques séances ciblées peuvent déjà vous permettre de mieux comprendre vos options.

Si votre grossesse présente une complication ou si votre équipe vous a recommandé de limiter certaines activités, vérifiez avec elle ce qui est sécuritaire dans votre situation.

2. Quels exercices sont les plus utiles pour se préparer physiquement?

Il n’existe pas un exercice unique qui prépare à lui seul à l’accouchement.

Une préparation générale combine une activité cardiovasculaire adaptée, comme la marche, la natation ou le vélo stationnaire, des exercices de renforcement des jambes, des hanches, du dos et des bras, des mouvements de mobilité confortables pour le bassin et les hanches, la pratique de position, notamment la position debout, assise, latérale et à quatre pattes, un travail du plancher pelvien adapté à vos besoins ainsi que des stratégies de respiration et de récupération.

Le choix d’exercices que vous choisissez de faire dépend de votre niveau d’activité avant la grossesse, de vos symptômes, de vos habitudes et de vos contre-indications. Une personne qui faisait déjà de la musculation n’aura pas nécessairement le même programme qu’une personne qui commence à bouger pendant la grossesse.

L’objectif n’est pas de rendre votre corps assez « fort » pour réussir l’accouchement. Il est plutôt de conserver des capacités qui pourront vous être utiles : tolérer l’effort, changer de position, utiliser vos appuis et récupérer.

Arrêtez l’exercice et communiquez avec votre équipe de suivi si vous présentez notamment des saignements vaginaux, une perte de liquide, des contractions régulières et douloureuses, des étourdissements, une douleur thoracique ou un essoufflement inhabituel avant l’effort. L’ACOG présente une liste plus complète des signes qui nécessitent l’arrêt de l’activité.

3. La marche, le ballon ou les squats peuvent-ils déclencher le travail?

Ils ne permettent pas de déclencher le travail de façon prévisible.

Les données sur l’exercice comme moyen de favoriser le début spontané du travail demeurent limitées. Même lorsqu’une association est observée dans une étude, elle ne permet pas de déterminer qu’un mouvement précis fera commencer l’accouchement chez une personne donnée.

À la fin de la grossesse, continuez à bouger pour votre confort et votre santé plutôt que dans l’objectif de forcer votre corps à accoucher. Faire davantage de squats, marcher jusqu’à l’épuisement ou multiplier les heures sur le ballon ne signifie pas que le travail commencera plus rapidement.

Si un déclenchement médical est envisagé, les raisons, les options et le moment approprié sera discutés avec l’équipe responsable de votre suivi obstétrical.

4. Peut-on aider le bébé à descendre ou à se placer dans une meilleure position?

La mobilité peut vous aider à trouver des positions confortables, mais, évidement, aucun exercice ne garantit la position du bébé ni sa descente dans le bassin.

La position du bébé dépend de plusieurs éléments, dont son orientation, l’espace disponible, la forme du bassin, l’activité utérine et le moment de la grossesse ou du travail.

Certaines positions, notamment à quatre pattes ou couchée sur le côté, peuvent vous être proposées pendant le travail lorsqu’un bébé est en position postérieure ou transverse. Les données actuelles ne permettent toutefois pas d’affirmer qu’une positionparticulière favorise sa rotation ou améliore le déroulement de l’accouchement. En fin de grossesse, les données sont également insuffisantes pour recommander des positions particulières dans le but de modifier la position du bébé.

Tel que mentionné précédemment, explorer différentes positions pendant la grossesse peut toutefois être utile pour développer votre mobilité et vous familiariser avec des positions que vous pourrez choisir d’utiliser pendant le travail .

Si votre bébé se présente par le siège à la fin de la grossesse, différentes positions ou techniques peuvent être proposées pour tenter de favoriser son retournement. Les données actuelles sont toutefois insuffisantes pour recommander les techniques posturales dans ce but. Si le bébé demeure en siège, une version par manoeuvre externe peut notamment vous être proposée autour de 36 ou 37 semaines.

5. Faut-il faire des Kegels ou plutôt apprendre à relâcher le plancher pelvien?

Les deux capacités peuvent être utiles, mais elles ne répondent pas au même besoin.

Les Kegels sont des contractions volontaires des muscles du plancher pelvien. Un entraînement structuré pendant la grossesse peut contribuer à prévenir l’apparition de l’incontinence urinaire chez certaines femmes. La revue Cochrane rapporte notamment un effet préventif probable chez les femmes qui ne présentaient pas de fuite au début de l’entraînement.

Mais la préparation à l’accouchement ne consiste pas uniquement à contracter. Le plancher pelvien doit aussi pouvoir revenir à son niveau de repos, moduler son activité, se coordonner avec la respiration et la pression abdominale, s’adapter aux changements de position et permettre un étirement important lors d’un accouchement vaginal.

La question la plus utile à se poser est : De quoi votre plancher pelvien a-t-il besoin?

Dans ma pratique, je rencontre fréquemment des femmes qui pensent absolument que le plancher pelvien a besoin d’être renforcer. En réalité, un plancher pelvien fonctionnel doit pouvoir produire une contraction, revenir au repos et s’adapter à la tâche demandée. Elles sont souvent surprises quand elles sortent de mon bureau sans exercices de renforcement.

Si vous ne percevez pas la différence entre une contraction et un relâchement, si vous avez de la douleur ou si les exercices augmentent vos symptômes, une évaluation individualisée peut vous aider à préciser ce qui devrait être travaillé.

6. Peut-on réellement réduire le risque de déchirure ou d’épisiotomie?

On peut agir sur certains facteurs, mais aucune préparation ne peut garantir un périnée intact.

Le risque de traumatisme périnéal dépend de nombreux éléments qui ne sont pas tous modifiables : premier accouchement vaginal, position et dimensions du bébé, vitesse de la naissance, utilisation d’instruments, caractéristiques des tissus et circonstances obstétricales.

Certaines stratégies peuvent néanmoins être discutées comme le massage périnéal pendant les dernières semaines de grossesse, des compresses chaudes ou certaines techniques périnéales pendant le deuxième stade de l’accouchement (selon les pratiques de votre équipe soignante), la possibilité de varier les positions, une poussée adaptée à la situation et aux sensations lorsqu’elles sont présentes et une communication claire avec l’équipe au moment de la naissance.

Certaines mesures peuvent modifier certains risques, mais une déchirure n’est ni un échec ni la preuve d’une mauvaise préparation.

7. Le massage périnéal est-il vraiment efficace?

Il peut réduire certains traumatismes périnéaux, mais il ne garantit pas l’absence de déchirure.

La revue Cochrane conclut que le massage périnéal prénatal réduit la probabilité globale d’un traumatisme nécessitant une suture. Une grande partie de l’effet observé est attribuable à une diminution des épisiotomies, soit des incisions chirurgicales du périnée.

Les effets étaient plus clairs chez les femmes qui n’avaient jamais accouché par voie vaginale. Les études ne montrent cependant pas une diminution certaine de tous les degrés de déchirure ni des déchirures sévères.

Compte tenu des bénéfices observés dans les études, je suggère souvent cette option à mes patientes lorsqu’elle est appropriée et qu’elles sont à l’aise de l’intégrer à leur préparation.

8. Quand commencer le massage périnéal, comment le faire et à quelle fréquence?

Les protocoles étudiés commencent généralement pendant les quatre dernières semaines de grossesse, souvent autour de 35 semaines. Une ou deux séances par semaine peuvent déjà être suffisantes pour reproduire les protocoles inclus dans la revue Cochrane.

Lorsqu’une naissance est planifiée plus tôt, la logique de préparation peut toutefois être adaptée. Par exemple, si un déclenchement est prévu à 37 semaines, il peut être pertinent de confirmer avec votre équipe de soins s’il serait approprié, dans votre situation, de commencer les massages périnéaux plus tôt, par exemple vers 32 semaines, afin de d’offrir tout de même quelques semaines d’exercices.

Certaines composantes de la préparation du plancher pelvien, comme la conscience corporelle, la coordination, le relâchement et l’exploration des positions peuvent même être commencés plus tôt. Ces habiletés peuvent demander du temps à se développer et il n’est pas nécessaire d’attentre les dernières semaines de grossesse pour commencer à les explorer. Prendre un peu d’avance peut simplement vous permettre de vous sentir miex préparée lorsque le jour J arrivera.

Une façon simple de procéder consiste à :

  1. Choisir une position confortable et stable;

  2. Utiliser des mains propres, des ongles courts et un lubrifiant ou une huile compatible avec la région vulvovaginale;

  3. Placer un ou deux pouces ou doigts à l’entrée vaginale;

  4. Appliquer doucement une pression vers le bas et légèrement vers les côtés;

  5. Maintenir ou faire de petits mouvements en respectant votre tolérance;

  6. Relâcher la pression si la sensation devient douloureuse.

Une séance de quelques minutes suffit. Il n’est pas nécessaire d’augmenter continuellement la durée, la profondeur ou l’intensité.

N’effectuez pas de massage si vous pensez que vos membranes pourraient être rompues, si vous présentez une infection vaginale active ou des saignements inexpliqués. Si votre grossesse présente une complication, demandez d’abord à l’équipe responsable de votre suivi si le massage est approprié.

9. Est-il normal que le massage périnéal soit inconfortable?

Une sensation d’étirement, de tension ou de léger picotement peut être ressentie. Une douleur importante n’est toutefois pas l’objectif.

Diminuez la pression ou arrêtez si vous ressentez :

  • une douleur vive ou coupante;

  • une sensation de brûlure importante;

  • une contraction musculaire involontaire marquée;

  • un saignement;

  • une douleur qui persiste après le massage;

  • une incapacité à tolérer une pression très légère.

Il n’est pas nécessaire de « traverser » la douleur pour rendre les tissus plus souples. Une réaction de protection importante peut plutôt indiquer qu’il faut modifier la technique, diminuer l’intensité ou chercher à comprendre ce qui provoque la douleur.

Une erreur que j’observe régulièrement dans ma pratique est d’endurer trop de douleur. Le dictons « No pain, No gain » ne s’applique pas au massage périnéal en préparation à l’accouchement.

Une physiothérapeute formée en rééducation périnéale et pelvienne peut vous aider si vous avez de la difficulté à atteindre la région, à doser la pression ou à relâcher les muscles. Un partenaire peut également participer si vous le souhaitez et si la communication demeure claire.

Vous souhaitez organiser votre préparation plus concrètement? Le Journal de préparation à l’accouchement vous aide à rassembler vos réflexions, vos préférences et vos questions au même endroit. Le Guide de préparation à l’accouchementprésente plus en détail les outils physiques et périnéaux pouvant être explorés.

10. Comment pousser efficacement pendant l’accouchement?

Il n’existe pas une seule façon de pousser qui soit optimale dans toutes les situations.

La poussée peut être spontanée, lorsque vous suivez l’envie de pousser et adaptez naturellement la durée et l’intensité de l’effort ou dirigée, lorsque l’équipe vous donne des indications sur le moment ou la manière de pousser.

Sans péridurale, l’envie de pousser peut devenir très présente lorsque le bébé descend. Les recommandations de NICE indiquent que la poussée spontanée peut raccourcir le deuxième stade de l’accouchement, soit la descente et la naissance du bébé, comparativement à une poussée dirigée chez les femmes sans péridurale.

Avec une péridurale, les sensations peuvent être réduites ou retardées. L’équipe peut alors vous guider en fonction de la descente du bébé, de votre état et de celui du bébé. Selon l’INSPQ, il est souvent possible d’attendre l’apparition de l’envie de pousser lorsque la situation le permet.

Une poussée efficace ne signifie pas nécessairement pousser le plus fort et le plus longtemps possible. Elle demande surtout de coordonner votre effort avec la situation, votre respiration, votre position et les indications de l’équipe.

11. Peut-on se préparer à la poussée avant l’accouchement?

Il est possible de préparer la coordination de la respiration, du relâchement et des positions sans effectuer de véritables poussées maximales pendant la grossesse.

La préparation peut servir à explorer différentes positions qui pourraient être utilisées pendant la poussée, une expiration pendant un effort léger et habituel, comme se relever d’une chaise et le repos du plancher pelvien dans différentes positions.

Dans ma pratique, je cherche souvent à ce que la patiente soit capable de générer volontairement une augmentation de la pression abdominale tout en relâchant son plancher pelvien. Je l’invite ensuite à explorer sa capacité à reproduire cette technique dans différentes positions qu’elle pourraient souhaiter utiliser lors de la poussée.

La pratique d’un véritable effort de poussée pendant la grossesse ne devrait pas être recommandée de façon générale. Elle doit être réservée à une situation individualisée et encadrée. En présence de douleur, de lourdeur, de saignements, d’une perte de liquide, de contractions douloureuses ou d’une situation obstétricale particulière, demandez l’avis de l’équipe responsable de votre grossesse.

Vous n’avez pas besoin de maîtriser une technique avant le travail. Le contexte, les sensations et les recommandations de l’équipe guideront votre façon de pousser le jour venu.

12. Quelle respiration utiliser pendant les contractions et la poussée?

Il n’existe pas une seule façon de respirer pendant le travail et la poussée.

Pendant le travail, la respiration peut vous aider à ralentir votre rythme lorsque la tension augmente, aider à relâcher certaines tensions inutiles dans votre corps, créer un repère pendant les contractions et récupérer entre les efforts.

Certaines personnes préfèrent une expiration longue et audible. D’autres utilisent des sons graves, une respiration plus libre ou, pendant certains efforts de poussée, une courte retenue du souffle. Vos besoins peuvent changer au fil du travail.

La respiration ne supprime pas nécessairement la douleur et elle ne constitue pas un test de réussite. Les recommandations de l’OMS soutiennent des soins individualisés et la possibilité de choisir des stratégies de gestion de la douleur adaptées à la personne.

Votre pouvez simplement explorer différentes façons de respirer et voir ce qui vous convient sans pression de performance.

13. Quelles positions peuvent faciliter le travail et la poussée, avec ou sans péridurale?

Il n’existe pas une meilleure position pour toutes les femmes ni pour toutes les étapes du travail.

Les positions fréquemment utilisées comprennent :

  • debout ou en appui vers l’avant;

  • assise sur un ballon;

  • à genoux;

  • à quatre pattes;

  • accroupie avec soutien;

  • couchée sur le côté;

  • semi-assise.

Ce qui est confortable au début du travail peut ne plus l’être au moment de la poussée. La possibilité de changer de position est donc souvent plus utile que le choix d’une position préférée à l’avance.

Sans péridurale, NICE recommande d’éviter de rester complètement à plat sur le dos et indique que les positions verticales et la mobilité peuvent être bénéfiques. Avec une péridurale, la mobilité dépend de l’effet moteur de l’analgésie, de la surveillance nécessaire et des protocoles du lieu de naissance. La position latérale peut être particulièrement utile, mais d’autres positions peuvent être envisagées lorsque votre mobilité et votre sécurité le permettent.

Avant l’accouchement, demandez à votre lieu de naissance quels équipements sont disponibles et quelles positions sont habituellement possibles avec une péridurale.

14. Comment la personne accompagnante peut-elle aider pendant le travail?

La personne accompagnante n’a pas besoin de connaître toutes les techniques. Son rôle peut surtout être de vous soutenir et de vous aider à vous adapter.

Elle peut notamment :

  • vous rappeler de changer de position;

  • vous offrir de l’eau, une débarbouillette fraîche ou de la chaleur;

  • exercer une pression ou faire un massage si vous l’appréciez;

  • vous aider à communiquer vos préférences et vos questions;

  • vous rassurer sans minimiser ce que vous ressentez;

  • observer vos réactions et cesser une stratégie qui ne vous convient plus.

L’OMS recommande la présence d’une personne accompagnante choisie pendant le travail et l’accouchement. Ce soutien peut être émotionnel, pratique et communicationnel.

Avant le jour J, discutez de deux questions simples :

  1. Qu’est-ce qui m’aide habituellement lorsque je vis une situation difficile?

  2. Qu’est-ce qui risque plutôt de m’agacer ou d’augmenter mon stress?

Ces réponses seront souvent plus utiles qu’une liste rigide de techniques.

Ces réflexions font aussi partie du Journal de préparation à l’accouchement, qui vous accompagne pour préciser vos préférences, réfléchir au rôle de votre personne accompagnante et préparer certaines discussion avant le jour J.

15. Quand consulter en physiothérapie périnéale et pelvienne avant l’accouchement?

Il n’est pas nécessaire d’attendre qu’un problème devienne important.

Une consultation peut notamment être pertinente si vous présentez :

  • des fuites urinaires ou anales;

  • une sensation de lourdeur ou de pression pelvienne;

  • des douleurs au bassin, au pubis, au coccyx ou à la région périnéale;

  • des douleurs lors des relations sexuelles;

  • une difficulté à identifier une contraction ou un relâchement du plancher pelvien;

  • une douleur ou une grande difficulté lors du massage périnéal;

  • des antécédents de déchirure importante, de douleur persistante ou d’accouchement difficile;

  • des inquiétudes particulières concernant la poussée ou la préparation physique.

Une consultation peut aussi être simplement éducative. Elle peut vous aider à comprendre l’anatomie, à explorer des positions, à adapter vos exercices et à préparer des stratégies qui correspondent à votre situation.

Une évaluation interne n’est pas automatiquement nécessaire. Lorsqu’elle est proposée, elle doit être pertinente, expliquée et réalisée uniquement avec votre consentement. Plusieurs éléments peuvent également être évalués ou enseignés sans examen interne.

Ce que j’aimerais que vous reteniez

Vous n’avez pas besoin de tout maîtriser avant votre accouchement. Commencez plutôt par identifier les éléments que vous aimeriez explorer, les questions que vous souhaitez poser à votre équipe et les outils qui pourraient réellement vous être utiles le jour J.

Vous souhaitez structurer votre préparation?

Le Journal de préparation à l’accouchement a été conçu pour vous aider à transformer l’information en réflexion personnelle : vos préférences, vos questions, vos stratégies de gestion de la douleur et le rôle de votre personne accompagnante.

Le Guide de préparation à l’accouchement approfondit les outils physiques et périnéaux présentés dans cet article.

À propos de l’autrice

Eugénie Messier-Lamarche, MSc, pht, MOPPQ, est physiothérapeute formée en rééducation périnéale et pelvienne. Dans sa pratique, elle accompagne notamment des femmes pendant la grossesse et le post-partum afin de mieux comprendre leur plancher pelvien, leurs symptômes et leurs possibilités de mouvement.

Elle a créé Noralie Clarinette pour rendre l’information en santé pelvienne plus claire, accessible et nuancée.

À propos de Noralie Clarinette

Noralie Clarinette est une plateforme éducative consacrée à la santé pelvienne, au mouvement, à la grossesse et aux différentes étapes de la maternité.

Le contenu vise à rendre les connaissances en santé pelvienne accessibles, nuancées et basées sur les données scientifiques, tout en reconnaissant qu’aucun contenu général ne peut remplacer une évaluation individualisée.

Références principales

American College of Obstetricians and Gynecologists. (2025).Exercise during pregnancy.https://www.acog.org/womens-health/faqs/exercise-during-pregnancy

Barrowclough, J. A., Lin, L., Kool, B., Hofmeyr, G. J., & Crowther, C. A. (2022). Maternal postures for fetal malposition in labour for improving the health of mothers and their infants. Cochrane Database of Systematic Reviews, Issue 8, Art. No. CD014615. https://doi.org/10.1002/14651858.CD014615

Beckmann, M. M., & Stock, O. M. (2022). Antenatal perineal massage for reducing perineal trauma. Cochrane Database of Systematic Reviews, Issue 3, Art. No. CD005123. https://doi.org/10.1002/14651858.CD005123.pub3

Institut national de santé publique du Québec. (2026).Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans : préparation à l’accouchement et déroulement de l’accouchement.https://www.inspq.qc.ca/mieux-vivre

National Institute for Health and Care Excellence. (2023).Intrapartum care (NG235).https://www.nice.org.uk/guidance/ng235

Woodley, S. J., Lawrenson, P., Boyle, R., Cody, J. D., Mørkved, S., Kernohan, A., & Hay-Smith, E. J. C. (2020). Pelvic floor muscle training for preventing and treating urinary and faecal incontinence in antenatal and postnatal women. Cochrane Database of Systematic Reviews, Issue 5, Art. No. CD007471. https://doi.org/10.1002/14651858.CD007471.pub4

World Health Organization. (2018).WHO recommendations: Intrapartum care for a positive childbirth experience.https://www.who.int/publications/i/item/9789241550215

World Health Organization. (2020).Companion of choice during labour and childbirth for improved quality of care.https://www.who.int/publications/i/item/WHO-SRH-20.13

Note

Cet article fournit de l’information générale et ne remplace pas une évaluation médicale ou physiothérapique individualisée. Votre situation obstétricale, vos symptômes et vos antécédents peuvent modifier les recommandations qui s’appliquent à vous.

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Eugénie Messier-Lamarche Eugénie Messier-Lamarche

Massage périnéal : quand commencer, comment le faire et est-ce efficace?

Quand commencer le massage périnéal? Comment savoir si la pression est bonne? Un guide clair pour vous préparer sans transformer l’exercice en performance.

On vous a peut-être dit de commencer le massage périnéal vers la fin de la grossesse. Sur papier, l’idée paraît simple. En pratique, les questions arrivent vite : où appuyer? dans quelle direction? quelle sensation est normale? combien de temps faut-il le faire? Et surtout : est-ce que cela peut réellement réduire le risque de déchirure?

Si vous avez déjà essayé et trouvé l’exercice moins intuitif que prévu, vous n’êtes pas la seule. Avec le ventre qui prend de la place, une région difficile à voir et une sensation d’étirement parfois inhabituelle, le massage périnéal peut rapidement devenir une chose de plus à « réussir » avant l’accouchement.

Ce n’est pas l’objectif.

Dans ma pratique, je constate que la technique elle-même est rarement la seule difficulté. Il faut aussi trouver une position accessible, comprendre la direction de la pression, doser la sensation et apprendre à distinguer étirement tolérable et douleur à endurer.

Dans cet article, je vous explique comment aborder le massage périnéal de façon progressive et réaliste : quand commencer, comment vous installer, quelle pression rechercher, à quelle fréquence pratiquer et ce que les études permettent réellement d’affirmer.

Massage périnéal pendant la grossesse : l'essentiel en 4 points

  • Le massage périnéal prénatal est généralement commencé vers 34 à 35 semaines de grossesse dans les protocoles et ressources les plus utilisés.

  • Il consiste à appliquer progressivement une pression et un étirement aux tissus situés autour de la partie inférieure de l’entrée vaginale.

  • Les données suggèrent qu’il peut réduire certains traumatismes périnéaux, particulièrement les épisiotomies, mais il ne garantit pas l’absence de déchirure.

  • L’objectif n’est pas d’aller le plus loin possible : une sensation d’étirement tolérable est plus pertinente qu’une douleur importante.

Si vous cherchez d’abord à comprendre où le massage s’inscrit dans l’ensemble de votre préparation, consultez aussi notre article Comment se préparer à l’accouchement? Réponses à 15 questions fréquentes.

Qu’est-ce que le massage périnéal pendant la grossesse?

Il s’agit d’un étirement progressif des tissus situés à l’entrée vaginale et au niveau du périnée.

Le massage périnéal prénatal consiste à appliquer progressivement une pression et un étirement à l’entrée vaginale et aux tissus du périnée pendant les dernières semaines de grossesse.

Le périnée correspond à l’ensemble de muscles et de tissus en forme de hamac situé à la base du bassin, entre le pubis et le coccyx. Les tissus sollicités pendant le massage comprennent la peau, les tissus conjonctifs et certaines couches musculaires qui entourent la partie inférieure de l’ouverture vaginale.

Le massage peut notamment vous permettre de vous familiariser avec cette région, reconnaître une sensation d’étirement, pratiquer le relâchement sans chercher à pousser constamment vers le bas et exposer progressivement les tissus à une pression tolérable.

Autrement dit, vous ne cherchez ni à « ouvrir » votre bassin ni à reproduire à l’avance le passage du bébé. Vous apprivoisez progressivement une sensation d’étirement dans une région qui sera fortement sollicitée lors d’un accouchement vaginal.

Est-ce que le massage périnéal réduit le risque de déchirure?

Il peut réduire certains traumatismes périnéaux, mais il ne garantit pas l’absence de déchirure.

La revue Cochrane, qui regroupe quatre essais et 2 497 femmes, rapporte une diminution globale des traumatismes nécessitant une suture. Une grande partie de cet effet est attribuable à une réduction des épisiotomies, soit des incisions chirurgicales du périnée. Les bénéfices étaient plus clairs chez les femmes qui n’avaient jamais accouché par voie vaginale.

Une méta-analyse publiée par Abdelhakim et collaborateurs en 2020 a également associé le massage prénatal à une diminution de certains traumatismes et de certaines morbidités du post-partum.

Les études ne permettent toutefois pas d’affirmer que le massage prévient tous les degrés de déchirure chez toutes les femmes. Le déroulement de la naissance dépend de nombreux facteurs, dont la position et les dimensions du bébé, la vitesse de la naissance, l’utilisation d’instruments, les caractéristiques des tissus et les circonstances obstétricales.

Et c’est un message important : avoir une déchirure ne signifie pas que vous avez mal fait votre massage, commencé trop tard ou insuffisamment préparé votre corps. Le massage peut faire partie de votre préparation; il ne contrôle pas à lui seul le déroulement d’une naissance.

Quand commencer le massage périnéal pendant la grossesse?

Le repère le plus courant se situe autour de 34 à 35 semaines.

Les protocoles les mieux étudiés commencent généralement pendant les quatre dernières semaines de grossesse, souvent autour de 34 ou 35 semaines.

Lorsque la naissance est planifiée plus tôt, il est logique de réfléchir à la préparation à partir de cette échéance plutôt qu’à partir de 40 semaines. Par exemple, si un déclenchement est prévu à 37 semaines, certaines composantes de la préparation du plancher pelvien peuvent commencer vers 32 semaines : conscience corporelle, coordination, relâchement et exploration de positions. Si une naissance est planifiée à 37 semaines, discutez du moment approprié pour commencer ces exercices avec l’équipe responsable de votre suivi obstétrical.

À quelle fréquence et pendant combien de temps faire le massage périnéal?

Quelques minutes, une à quelques fois par semaine, peuvent suffire; il n’existe pas une fréquence universelle à respecter.

Une ou deux séances par semaine peuvent déjà suffir. En effet, dans la revue Cochrane, une pratique aussi peu fréquente qu’une ou deux fois par semaine à partir de 35 semaines était associée à des bénéfices. D’autres ressources proposent quelques séances par semaine pendant environ cinq minutes.

La meilleure fréquence est celle qui vous permet de progresser sans provoquer d’irritation ni de douleur persistante. Faire davantage n’est pas automatiquement plus efficace et une séance plus intense n’est pas nécessairement une meilleure séance.

Dans ma pratique, je rencontre parfois des femmes qui augmentent simultanément la durée, la profondeur et la pression parce qu’elles veulent « avancer ». Il devient alors impossible de savoir ce qui a provoqué l’inconfort. Il est souvent plus utile de modifier un seul paramètre à la fois.

Vous voulez savoir quoi pratiquer, dans quel ordre et comment relier le massage au reste de votre préparation? Notre Guide de préparation à l’accouchement rassemble les principaux outils de préparation physique et périnéale. Le Journal de préparation à l’accouchement vous aide ensuite à noter vos sensations, vos questions et ce qui vous convient réellement.

Comment faire un massage périnéal, étape par étape?

L’objectif n’est pas de reproduire une technique « parfaite ». Cherchez plutôt une installation stable, une direction claire et une pression que votre corps peut tolérer sans se mettre en protection.

1. Préparer le contexte

Choisissez un moment où vous ne serez pas pressée. Videz votre vessie, lavez vos mains et gardez les ongles courts. Une douche ou un bain tiède peut vous aider à vous installer confortablement.

Utilisez un produit compatible avec la région vulvovaginale et auquel vous n’êtes pas sensible. Le but est de réduire la friction, et non d’appliquer une grande quantité de produit.

2. Trouver une position stable

Vous pouvez essayer :

  • une position semi-assise soutenue par des oreillers;

  • la position assise sur la toilette;

  • la position debout avec un pied sur une surface stable;

  • une position latérale;

  • une position choisie avec votre partenaire.

La meilleure position n’est pas celle qui paraît idéale sur une image. C’est celle qui vous permet de respirer, relâcher les épaules et atteindre la région sans vous contorsionner.

Figure 1 — Une position stable et bien soutenue peut faciliter la respiration, le relâchement et l’accès à la région périnéale. Cette illustration présente une possibilité d’installation; elle ne constitue pas une démonstration de la technique.

3. Repérer l’entrée vaginale

Un miroir peut être utile au début. Placez un ou deux doigts à l'entrée vaginale. Selon votre position et votre mobilité, les pouces peuvent être plus faciles à utiliser. Placez le ou les pouces à l’entrée vaginale, car la cible principale se situe dans la partie inférieure de l’ouverture.

4. Appliquer la pression dans la bonne direction

Dirigez doucement la pression vers le bas et légèrement vers les côtés.

Augmentez la pression lentement jusqu’à ressentir un étirement tolérable. Vous pouvez maintenir la position ou effectuer de petits mouvements lents. Si votre premier réflexe est de retenir votre souffle ou de vous crisper fortement, diminuez légèrement l’intensité.

5. Observer votre réaction

Essayez de ne pas serrer les fesses, retenir votre souffle ou repousser immédiatement la sensation. Diminuez plutôt légèrement la pression et observez si vous pouvez relâcher la mâchoire, les abdominaux et le plancher pelvien.

Le relâchement ne signifie pas pousser fortement vers le bas. Il correspond surtout à l’arrêt d’une contraction ou d’une protection musculaire inutile.

6. Terminer sans chercher une performance

Quelques minutes suffisent. La séance peut se terminer même si vous n’avez pas atteint une amplitude particulière. Il n’y a rien à gagner à aller « plus loin » simplement pour avoir l’impression d’avoir mieux travaillé. La régularité et la tolérance sont plus importantes qu’un objectif de profondeur.

Dans quelle direction faire le massage périnéal?

La pression est généralement dirigée vers le bas et légèrement vers les côtés, dans la partie inférieure de l'entrée vaginale.

Vous pouvez ensuite maintenir doucement l'étirement ou effectuer de petits mouvements lents. Certaines techniques décrivent un mouvement en forme de U le long de la partie inférieure de l'entrée vaginale. L'objectif n'est pas d'étirer toute l'ouverture ni d'aller le plus profondément possible, mais d'exposer progressivement les tissus à une pression tolérable.

Est-ce normal que le massage périnéal soit inconfortable?

Vous pourriez ressentir une tension, un étirement, un léger picotement ou une sensation de brûlure légère et transitoire.

Diminuez la pression ou arrêtez si vous ressentez une douleur vive ou coupante, une brûlure importante, une contraction de protection marquée, un saignement, une douleur qui persiste après la séance ou une incapacité à tolérer une pression très légère.

Une difficulté fréquente dans ma pratique consiste à croire qu’il faut traverser la douleur pour rendre les tissus plus souples. « No pain, no gain » ne s’applique pas ici. Une douleur importante n’est pas un signe que le massage est plus efficace. Elle indique plutôt que la technique, l’intensité ou le contexte doivent être revus.

Dans quelles situations faut-il éviter le massage périnéal?

Le massage périnéal ne devrait pas être entrepris lorsqu'une intervention intravaginale est contre-indiquée ou lorsqu'une situation obstétricale nécessite d'abord l'avis de votre équipe.

N’effectuez pas de massage si :

  • vous pensez que vos membranes pourraient être rompues;

  • vous présentez une infection vaginale active;

  • vous avez des saignements inexpliqués;

  • votre équipe vous a déconseillé les interventions intravaginales;

  • une complication de grossesse nécessite une validation préalable.

En présence d’un placenta bas, d’un col court, d’un risque d’accouchement prématuré ou d’une autre situation obstétricale particulière, demandez l’avis de votre équipe avant de commencer.

Mon ou ma partenaire peut-il faire le massage périnéal?

Oui. Le massage périnéal peut être réalisé par votre partenaire si vous êtes à l'aise avec cette option.

La personne qui vous aide doit avoir les mains propres, les ongles courts et suivre vos indications plutôt que chercher à atteindre une pression précise.

Convenez d’un signal simple pour diminuer ou arrêter. La personne qui reçoit le massage demeure celle qui décide de l’intensité.

Que faire si je n’arrive pas à atteindre mon périnée?

C’est une difficulté fréquente et ce n’est pas un échec de la technique. À mesure que le ventre prend de la place, l’accès peut simplement devenir moins évident.

Essayez d’abord de modifier votre installation : semi-assise avec les genoux soutenus, debout avec un pied sur un appui stable, couchée sur le côté ou avec l’aide de votre partenaire. Un miroir peut aussi faciliter le repérage au début.

Dans ma pratique, certaines patientes comprennent parfaitement la technique, mais n'arrivent tout simplement pas à contourner leur ventre confortablement. Dans certaines situations, un professionnel peut discuter avec vous de l'utilisation d'un outil adapté permettant d'atteindre la région plus facilement.

Quand consulter en physiothérapie périnéale et pelvienne?

Vous n’avez pas besoin d’attendre que le massage devienne impossible ou très douloureux avant de demander de l’aide. Une consultation peut être pertinente si :

  • vous ne savez pas dans quelle direction appliquer la pression;

  • vous ne reconnaissez pas la différence entre contraction et relâchement;

  • vous ressentez une douleur importante;

  • vous avez des douleurs lors des relations sexuelles ou des examens vaginaux;

  • vous avez des cicatrices ou des antécédents qui vous préoccupent;

  • vous n’arrivez pas à atteindre la région;

  • le massage provoque beaucoup d’appréhension.

Une évaluation interne n’est jamais automatique. Lorsqu’elle est proposée, elle doit être pertinente, expliquée et réalisée uniquement avec votre consentement.

Vous souhaitez aller au-delà de la technique et construire une préparation qui vous ressemble?
Le Guide de préparation à l’accouchement vous aide à comprendre le plancher pelvien, la préparation des tissus, les positions, la respiration et les outils que vous pourrez adapter le jour J. Le Journal de préparation à l’accouchement vous permet de transformer ces informations en préparation personnelle : ce que vous voulez essayer, ce que vous préférez, les questions que vous souhaitez poser et ce que vous découvrez au fil des dernières semaines.

Ce qu'il faut retenir sur le massage périnéal pendant la grossesse

Le massage périnéal pendant la grossesse est une option parmi plusieurs pour préparer les tissus au passage du bébé. Il est généralement commencé vers 34 à 35 semaines et peut réduire certains traumatismes, particulièrement les épisiotomies, sans pouvoir garantir l’absence de déchirure.

La partie la plus utile n’est probablement pas de réussir une technique au millimètre près. C’est de comprendre ce que vous faites, de reconnaître une sensation d’étirement tolérable et d’ajuster la pratique à votre corps.

Une préparation utile repose surtout sur une pratique que vous pouvez intégrer avec confiance à une fréquence et une intensité que vous pouvez adapter à votre confort. Ajustez-la selon vos sensation et votre situation.

questions fréquentes sur le massage périnéal

Voici quqlques questions qui reviennent régulièrement dans ma pratique clinique.

Le massage périnéal est-il obligatoire avant l'accouchement?

Non. Le massage périnéal est une option de préparation. Ne pas le pratiquer ne signifie pas être moins bien préparée à l'accouchement.

Faut-il faire le massage périnéal tous les jours?

Non. Il n'est pas nécessaire de pratiquer le massage périnéal tous les jours. Dans les études, différentes fréquences ont été utilisées, et une à quelques séances par semaine peuvent suffire. L'intensité et la fréquence peuvent être adaptées selon votre tolérance et les recommandations qui s'appliquent à votre situation.

Que faire si je n'aime pas le massage périnéal?

Vous pouvez choisir de ne pas le pratiquer. Le massage périnéal n'est qu'une option parmi plusieurs pour préparer l'accouchement. Votre préparation peut aussi inclure la compréhension du plancher pelvien, le relâchement, la respiration, le mouvement et l'exploration des positions.

À propos de l’autrice

Eugénie Messier-Lamarche, MSc, pht, est physiothérapeute formée en rééducation périnéale et pelvienne. Elle a créé Noralie Clarinette pour rendre l’information en santé pelvienne plus claire, accessible et nuancée.


Références principales

Beckmann, M. M., & Stock, O. M. (2022).Antenatal perineal massage for reducing perineal trauma. Cochrane Database of Systematic Reviews, Issue 3, Art. No. CD005123.

Abdelhakim, A. M., Eldesouky, E., Elmagd, I. A., et al. (2020).Antenatal perineal massage benefits in reducing perineal trauma and postpartum morbidities: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. International Urogynecology Journal, 31(9), 1735–1745.

Sultan, A. H., Okeahialam, N. A., De Leeuw, J., et al. (2026).IUGA International Guidelines on Obstetric Anal Sphincter Injuries. International Urogynecology Journal, 37, 2223–2280.


Note

Cet article fournit de l’information générale et ne remplace pas une évaluation médicale ou physiothérapique individualisée. Votre situation obstétricale, vos symptômes et vos antécédents peuvent modifier les recommandations qui s’appliquent à vou

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